CHAPITRE III
DE LA CERTITUDE ET DE l'ERREUR. .
1. 1)e la CERTiTiTDE. — L'Idée de la science, principe de toute certitude. Qu'il n'y a ni affirmation^ ni négation, ni doute possible sans Tldée de Ja vérité absolue. — II. De Terreur. — Théories du ThêclHe, du Ménon^ du Sophiste et du Cralyle. Gomment la dernière explication (le l'erreur se trouve dans la participation mutuelle des Idées et dans ridée du non-étre.
I. La croyance de Platon à la pénétration réciproque (le la pensée et de l'être, de l'âme et de la vérité, explique l'autorité objective qu'il accorde, parfois avec excès, aux conceptions de l'intelligence. Tout ce qui est dans la raison est pour lui dans les choses ; car la pensée pure et l'être pur sont identiques à leur origine, et ç'il fallait établir des degrés de dignité entre la pensée et l'être, ce n'est pas à l'être, mais à la pensée, que Platon donnerait le premier rang. Dans le Timée, nous verrons Dieu produire et ordonner toutes choses sur son Idée et en vue de son Idée. Le premier principe, le Bien, enveloppe l'être, mais ne «lonne de réalité à cet être qu'en se le rendant intelligible par son Idée. L'Idée ou l'intelligibilité est donc le fonds substantiel de l'être, avec lequel d'ailleurs elle se confond au sein du Bien.
De là la certitude absolue de la raison. Cette certitude, se communiquant à la pensée tout entière quand ïa pensée se conforme aux lois de la raison, met l'âme humaine en possession de la vérité éternelle.
La certitude de la raison est impliquée dans tout î^cte de la pensée, et aucune opération logique, d'après
966 RAPPORT DES IDÉES A l' INTELLIGENCE.
Platon, ne serait possible si elle ne contenait pa.s l'affirmation de la raison par elle-même. N'y a-t-il pas, en effet, une Idée nécessaire et absolue que suppose toute opération de la pensée, à savoir l'Idée même de la pensée en soi ou de la science en soi? c C'est seulement par l'Idée de la science, dit Platon dans le Parménidej que nous pouvons connaître. > £t en effet, toutes les fois que je pense, je conçois nécessairement, sous une forme implicite, l'idéal même de la pensée et de la vérité, de la science et de la certitude. Un jugement peut-il avoir lieu dans mon esprit sans une notion plus élevée qui me fasse concevoir en général, comme essence nécessaire de toute pensée, la connaissance d'un objet réel par un sujet pensairt, ou, en d'antres termes, de l'intelligible par une intelligence? Dans ce rapport de la. vérité et de la pensée consiste la science et la certitude, dont l'idéal est ain.si présent à mon âme comme une fin à laquelle elle doit atteindre. Quand nous disons : je suis certain^ et même quand nousdisons : je doute, — nouscomparons notre science ou notre incertitude à ce type suprême de la science en soi identique à la vérité en soi, et nous jugeons si Tun des termes est conforme à l'autre, si l'image est conforme à l'original.
Mais par cela même que cette Idée de la science véritable est toujours présente à notre esprit, nous y participons naturellement, et l'idéal est déjà en partie réalisé dans l'âme : il est réalisé dans la raison, dans la vo7)c^. Il y a donc une certitude dont l'âme est en possession par sa nature même et qu'elle ne peut jamais perdre, même dans le scepticisme le plus absolu : dire que rien n'est absolument vrai , c'est encore concevoir la vérité d'une manière absolue. Ainsi la science en soi n'est point séparée de nous par
THÉORIK DE l'erreur. W1
un intenralle infranchissable, comme le croyait d'abord Socrate en entendant les objections de Parmenide. La science pare existe* et en elle-même et en nous ; et elle constitue un fonds de certitude sur lequel j)euvent s'appuyer les constructions logiques.
Nous comprenons maintenant pourquoi la science ne peut se définir, et pourquoi Tentretien de Socrate et de Théétète n'aboutit point à une définition Téritable. Socrate montre fort bien que ceux qui veulent définir la science la définissent avec elle-même. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la science a pour objet les Idées et la vérité, et qu'elle provient de la raison ou ^ç ; mais la science ne se définit pas et ne se décompose pas. Il n'y a pas d*autre terme de comparaison pour la science que la science elle-même ; et il est impossible de parler de la science sans employer des mots ce tels que connaître , savoir, concevoir, ignorer» qui déjà renferment l'idée de la science (l). La science ne peut que prendre conscience d'elle-même dans la simplicité de sa pure essence. Cette conscience est le type de la certitude ; elle est le point de départ de la logique, et en même temps elle en est le but ; car l'Idée de la science en général est pour Platon la dernière mesure, le dernier terme de comparaison dans toutes les recherches particulières. Audessus ou au delà, il n'y a rien. Le rationnel, dans sa pureté, est le terme de notre activité intellectuelle, c'est-à-dire de la dialectique.
H. Telles sont les doctrines de Platon sur la science cl la certitude. Mais il est une chose plus difficile à expliquer que la science : c'est l'erreur. La difficulté
(0 ThééL, 190, e.
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est plus grande encore pour Platon que pour tout autre; le Théétèie, le Ménonei ïeSophisiCy montrent assez combien cette question le préoccupait. C'est qu'il retrouvait là l'éternel problème dont il cherchait en vain la solution.
Les Idées et la perfection existent; mais comment l'imparfait peut-il exister? L'intelligible est réel; mab qu'est-ce alors que la réalité sensible? La vérité existe et la raison la connatt; mais qu'est-ce alors que Terreur? En toutes choses, ce qui est simple et clair pour Platon, c'est l'existence de l'unité et du bien ; ce qui est difficile et obscur, c'est la multiplicité et le mal. Les yeux fixés sur les Idées, il ne voudrait voir qu'elles ; ce monde de l'imperfection et de Terreur lui semble alors comme un rêve pénible dontTànie est obsédée et dont elle voudrait se réveiller pour ne plus apercevoir que la réalité intelligible (il. Sous les formes les plus diverses Platon savait reconnaître un même mystère. Aussi sa théorie de Terreur est-elle intimement liée à sa théorie du sensible et de la matière conçue comme un non-être relatif. La matière explique l'imperfection ; elle explique le mal ; elle explique le sensible et la sensation : elle explique Terreur.
On a voulu rendre compte de Terreur en considérant le faux jugement comme une méprise par laquelle nous confondons les deux termes d'une comparaison. Nous avons déjà vu que Platon, dans le Théétète, expose cette théorie (2). Il y a, dit-il, quatre hypothèses qu'on peut faire, dans le cas où tout faux jugement serait une erreur de comparaison. Si les deux termes vous sont également et parfaitement connus, pas Je
(1) Timée, 52, b.
(2) Voir plus haut, p. 28.
THÉORIE DE L*ERREIIR. S69
comparaison possible, ni de méprise; si Tun est connu et l'autre complètement inconnu, même difliculté : car peut-on comparer ce qu'on sait à ce qu'on ne sait pas? Enfin, si les deux termes sont connus, vous ne pouvez plus les confondre, à moins de dire <|ue vous connaissez et ne connaissez pas en même temps le même objet. Et il faut bien, en effet, qu'on aboutisse à cette proposition, et qu'il existe un état de Tânie qui ne soit ni la science ni l'ignorance absolue : I opinion; et un état des choses qui ne soit ni l'être ni le non-être : la génération.
On ne peut pas errer sur ce qu'on sait, disaient les ^)phistes; et on ne peut pas errer sur ce qu'on ne sait pas, puisqu'on n'eu a pas même l'idée. Ce dilemme i^opose sur le sens absolu qu'on donne au mot de savoir. Sans doute il n'y a pas d'erreur dans le savoir proprement dit; mais toute pensée est-elle science parfaite ou complète ignorance? tout être est-il êére absolu ou lion-être absolu?
On trouve dans le Ménon une première réponse. De même que la science est une simple réminiscence, de même l'ignorance n'est point absolue : c'est seulement un oubli, c Celui qui ignore a donc en lui-même tics opinions vraies sur ce qu'il ignore? — Apparemment. — Ces opinions viennent de. se réveiller comme «n songe chez ton esclave. Et si on l'interroge souvent et en diverses façons sur les mêmes objets, à la fin il <Mi aura une connaissance aussi exacte que qui que ce soit (1). » L'objection des sophistes repose donc sur un faux rapport de contradiction absolue, établi entre la science et l'ignorance. Celle-ci n'est point la négation complète de celle-là; Tignorance, au fond, est encore
0) Ménon y p. 82, sqq.
270 RAPPORT DES IDÉES A l'iTITELLIGENCE.
la science, mais une science implicite qui existe sons un certain mpport et sous Tautre n'existe pas. Au fond de toutes les objections sophistiques on retrouve la même fausse doctrine sur le rapport des contraires. Platon se trouvait ainsi amené naturellement à chercher la dernière explication de l'erreur dans la théorie métaphysique du vrai et du faux, de l'être et de son contraire. La question se posait ainsi: Terreur est-elle l'absolue négation de la vérité? Si on se décide pour l'afïirmative, l'erreur devient entièrement inexplicable, et le sophiste triomphe. Quand ou accusera un sophiste de pratiquer l'art du mensonge et de tromper les hommes en leur faisant prendre l'apparence pour la réalité, il répondra que la notion même d'apparence est contradictoire, que la réalité seule existe et qu'elle est seule concevable. « Véritablement nous en sommes à une question fort épineuse: ChT paraître et sembler sans éire^ dire sans rien dire de vrai, tout cela présente un abîme de difiicultés. et dans tous les temps; autrefois comme aujourd'hui (1). » C'est, en effet, la question du phénomène et de Vêire, dans laquelle est engagée la philosophie tout entière, t Gomment prétendre qu'il y a réellement des paroles et des pensées fausses, et en s'exprimant ainsi, ne pas tomber en contradiction ava' soi-même? C'est ce qu'il n'est pas aisé de comprendre, Théétète. — Et pourquoi? — C'est supposer hardiment que le non-^tre est; autrement le faux ne saurait être. Or voici, mon cher enfant, ce que le grand Parménide nous enseignait jadis quand nous étions à ton âge, et au commencement et à la fin de ses leçons, en prose et en vers : -* Jamais,
(1) Soph., Ir. Cousin, 222, — 230, b.
THÉORIE DE l'eRRECR. 271
(lisaitril, tu ne comprendras que ce qui n'est pas est : éloigne ta pensée de cette recherche. » — C'est ainsi que Platon élève sans cesse la logique à la hauteur de la métaphysique.
c Ce qui n'est en aucune manière^ continue Tétrangeréléate, osons-nous l'exprimer? » Le non-être n'est aucune chose; celui qui en parle ne dit donc aucune chose: il parle en ne disant rien; ou plutôt, c // faut dire quil ne parle pas du tout. » c Tu comprends donc qu'il est impossible et d'énoncer proprement le non-être, et d'en dire quelque chose, et de le concevoir en lui-même; qu'il est insaisissable à la pensée et au langage, à la parole et au raisonnement. » On reconnaît la formule qui termine la première thèse (lu Parménide sur Vun absolument un, également inconcevable et ineflFable, excluant tous les contraires. Il en est de même ici du non-être absolument nonêtre.
Voici maintenant l'antithèse, qui offre aussi la plus remarquable analogie avec celle du Parménide.
Le non-être, disions-nous, est inconcevable et ineffable. Mais, € en établissant que le non-être n'admet ni la pluralité ni l'unité (c'est-à-dire qu'il exclut tous les contraires) , je lui ai attribué l'unité, car j'ai déjà dit /e non-être... En affirmant qu'on ne pouvait ni en raisonner ni en parler, ni l'exprimer , j'en raisonnais commede quelque chose d'un. » De même, t en disant les non-existences, ne leur attribuons-nous pas la pluralité du nombre ? » En conséquence, ce même non- Wre xiui excluait tous les contraires les admet tous maintenant. Même conclusion pour Vunité dans le
Parménide.
Le sophiste va triompher de cet embarras, c Tu dis qu'une fausse opinion admet ce qui n'est pas? — C'est
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tout simple. — Est-ce en admeltant que ce qui n'est pas n'est pas, ou bien en admettant que ce qui n'esl d'aucune manière existe de quelque manière?— C'est en attribuant quelque existence à ce qui n'est pas. > Mais t nous avons précédemment reconnu que ce qui n'est pas est insaisissable au langage et à la pensée. Nous sommes donc en contradiction avec nos principes, puisque nous définissons l'erreur la conception de ce qui n'est pas et l'attribution de l'être au nonêtre.
Donc, ou il n'y a pas d'erreur, ou le non-être existe de quelque manière.
C'est à cette dernière conclusion, on le sait, qu'aboutit le Sophiste. L'être, sous ceriains rapports, n'est pas ; le non-être, sous certains rapports, est. Le non-être, par rapport à une chose, c'est simplement ce qui w'est pas cette chose et est autre chose. Le non-être, c/cst la partie de l'être que l'on ne considère pas actuellement. De môme l'ignorance est la partie de la vérité que l'on ne possède pas actuellement sous la forme explicite de la réminiscence. La science répond à l'absolu de l'être; l'ignorance est tout entière dans le non-être relatif.
€ 11 nous reste à considérer si le non-être se mêle à l'opinion et au discours. S'il ne s'y mêle point, il s'ensuit que tout sera vrai. S'il s'y mêle, l'opinion et le discours seront faux; car penser ou dire le non-être (c'est-à-dire autre chose que ce dont il s'agit, et non pas aucune chose), c'est proprement ce qui fait le faux dans l'esprit et dans le discours (1). »
Les noms expriment \e^ genres, Qt les verbes l'^/wo/i des genres, t Les mots rie représentent ni action ni
(1) Soph.y'p. 252, 255, 257, sqq.
THÉORIE DE l'eRRELR. 273
inaction, ni existence d'un être non pins que d'un nonêtre, tant qu'on ne mêle pas les verbes aux noms (1), > La vérité et l'erreur ne sont donc pas dans les genres, mais dans la manière dont l'esprit les unit. Aristote^ fidèle encore sur ce point à la théorie de Platon, dira plus tard : « Le vrai et le faux sont dans la synthèse de l'esprit. »
Comparons ces deux propositions : t^ Théétèle est assis, » et € Théétète, avec qui je parle, vole. > Le premier jugement est vrai t il dit ce qui est, comme étant, sur ton compte. — Précisément. — Le faux dit autre chose que ce qui est. — Oui. — Il dit comme étant ce qui n'est pas. — A peu près. — C'est-à-dire ce qui est autre que ce qui est sur ton compte. Car nous avons dit qu'il y a pour chaque chose beaucoup d'être et beaucoup de non-être. > — Ainsi ce faux jugement qui attribue le vol à Théétète, « parle de quelque chose (2). » € S'il ne parlait de rien, ce ne serait pas un discours ; car nous avons établi comme impossible que ce qui est un discours ne soit dit de rien. — Cela est parfaitement juste. — Mais ce qui est autre par rapport à toi, affirmé de toi comme étant le même; ce qui n'est pas^ affirmé de toi comme étant; un pareil assemblage de noms et de verbes a tout l'air d'être réellement et véritablement un discours faux. >
Si l'erreur existe dans le discours, elle pourra exister aussi dans ce discours intérieur qui est l'opinion, et par lequel l'âme affirme et nie en silence. L'erreur pourra exister aussi dans l'imagination, qui est une combinaison de sensation et d'opinion (5) .
(ï) 5opfc., 304, tr. Cousin. — 252, sqq.
(2) Ih., 306.
S74 RAPPORT DES IDÉES A l'uTTELLIGENCE.
Dans tous les ôas, Terreur est un mélange de genres qui ne peuvent s*unir. Le sujet du faux jugement existe; l'attribut existe aussi, mais il n'existe pas relativement au sujet. L'erreur est donc dans Taffirmation, dans le verbe qui exprime l'union ou la séparation des idées, c'est-à-dire leur rapport.
C'est dans la participation que se trouve, en définitive, l'explication de Terreur. Le Craijrle le montre. Dans ce dialogue, Platon distingue les objets réels et les images y et fait voir que toute image est nécessairement incomplète et mêlée d'éléments étrangers; sinon elle serait indiscernable de l'objet qu'elle reproduirait de tout point (1). Donc une image est et n^est pas l'objet. Les choses visibles sont l'image des Idées intelligibles auxquelles elles participent ; elles sont et ne sont pas conformesaux Idées; elles contiennent un mélange d'Idées ; et conséquemment l'être et le non-être y sont corrélatifs. De là la possibilité de confondre une image avec une autre, de rapporter à une Idée la représentation qui ne lui convient pas, comme quelqu'un qai rapporterait à un homme l'image d'une femme, et à une femme l'image d'un homme (2). Chaque chose étant ceciei en mêmetempsae/fr^ chose, on peut confondre ce par quoi elle est la même que l'Idée et ce par quoi elle est autre. Dans les Idées pures, chacune étant elle-même sans mélange d'autres Idées, Terreur est impossible ; elle est aussi impossible dans la sphère de l'unité absolue ou du bien ; mais il n'en est plus de même dans la sphère du mixte ou du sensible.
Cette théorie est parfaitement d'accord avec toute la doctrine desidées. Le faux étant une relation entre deux choses vraies, l'apparence sera un rapport entre des '
(1) V. plus loin notre analyse du Cratykt oh. v. (î) Ibid.
THÉORIE DE L'eRREUB. 275
réalités; le phénomène, un rapport entre un être et un non-ètre; le sensible, un rapport de confusion entre les choses intelligibles; et la matière sera le relatif conçu en lui-même et d'une manière générale, par opposition à Tabsolu des Idées.
Ainsi Platon arrive toujours, par les voies les plus différentes, à cette conclusion que les Idées seules existent; et tout le reste se résout plus ou moins directement dans une relation des Idées, qui produit le multiple au sein même de l'unité. Cette relation, c'est la matière, origine du sensible, origine de l'imperfection et du mal, origine de l'erreur.
c Eh* bien! puisque nous reconnaissons que les genres sont susceptibles de mélange, n'est-il pas nécessaire de posséder une certaine science pour conduire son raisonnement; quand on veut démontrer quels sont ceux de cesgenres qui s'accordent entre eux et ceux qui ne s'accordent pas?. . Diviser par genres, ne pas prendre pour différents ceux qui sont identiques, ni pour identiques ceux qui sont différents, ne dironsnous pas que c'est là l'œuvre de la science dialectique?... C'est donc en quelque endroit semblable que nous trouverons le philosophe, quoique celui-là ne soit pas non plus facile à bien voir. Pourtant la difficulté est ici d'une tout autre sorte que pour le sophiste. — Comment? — L'un senjuit dans les ténèbres dunonétrey et s'y établit comme dans une retraite qui lui est lamilière ; c'est l'obscurité du lieu qui le rend difficile à reconnaître. Mais pour le philosophe, dont la pensée est en commerce perpétuel avec l'Idée de l'être, c'est à cause de l'éclat de cette région qu'il n'est nullement aisé de l'apercevoir (1). »
(l) /d., 252, sqq.
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