III. DognuUisme de Platon
L'ensemble de ces j^euves, aux formes extrêmement libres et variées, et dont la portée semble parfois toute négative, n'en constitue pas moins un dogmatisme très-réel, mais trop compréhensif pour être réduit aux étroites proportions des systèmes ordinaires. On a souvent mis en doute le dogmatisme de Platon ; parfois même la libre allure de son génie, sa dialectique ondoyante et diverse ont fait soupçonner de scepticisme l'esprit le plus spéculatif, le plus hardi et le plus cro/ant de l'antiquité. Un de ses plus récents et de ses plus habiles commentateurs, M. Grote (i), n'a guère aperçu ou du moins n'a guère apprécié que ce qu'il appelle la veine négative de Platon (the négative vein) et sa méthode d'examen contradictoire, d'examen en croix (cross-examination) (2). C'est là assu-
(1) Ptato and the olher companions ofSokrales^ 3 vol. in-S'', ^^ éd., 1867 (Londres, Murray).
(2) Terme de jurisprudence, désignant la mise aux prises de Taccnsateur, du défenseur et des témoins.