‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 58 sur 138 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

THÉORIE DE l'AMOUB.

I.VAmoub dans la nature. Discours d'Eryximaqne. Théories d*Héradite et d*Empédocle. —II. L'Amour dams les ajibs. Les deux Vénus. Discours d'Aristophane et d*Agatbon. Discours de Socrate. Mythe de la naissance de 1* Amour. Gomment il est fils de l'Idée du Bien et de la matière. — III. L'Amour dans son principe. Principe et fin de TAmour en Dieu. Désir de Timmorlalité. Production du bien dans le bien par le bien. Discours de Diotime. L'Idée de la beauté éternelle, objet suprême de l'Amour. Le Premier Aimable,

c Je ne sais qu'une petite science , disait Socrate : l'amour. » Ce que Socrate appelait , avec son ironie habituelle, une petite science, est aux yeux de Platon la scienee tout entière : Tamour, c'est encore la dialectique.

L'amour séparé de l'intelligence risquerait de s'égarer, et quand même il ne s'égarerait pas, il ressemblerait « à l'aveugle marchant dans le droit chemin (1); > mais l'intelligence, à son tour, sans l'amour qui lui imprime son essor, resterait impuissante et immobile : elle aurait beau entrevoir l'intelligible, elle ne s'élancerait point à sa poursuite. Nous l'avons

(1) Méno, loc. cU.

VU déjà : < semblable à des yeux qui ne pourraient se tourner des ténèbres vers la lumière qu'avec le corps tout entier, l'organe de l'intelligence doit se tourner, avec rame tout entière, de la contemplation de ce qui nait \ers la contemplation de ce qui est. » Platon a compris admirablement que l'analyse philosophique, dans le développement de l'intelligence, aperçoit les effets visibles d'une puissance cachée, l'amour. Sans ce mobile intérieur, la marche dialectique ne pourrait commencer. Sans le désir de la sagesse, il n'y aurait point de philosophie (1).

Suivons donc Socrate au banquet d'Agathon et étudions l'amour dans la nature extérieure, dans l'homme et en Dieu.

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