‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 67 sur 138 · LA LIBERTÉ MORALE DANS PLATON. — THÉORIE DE LA VOLO.MÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ MORALE DANS PLATON. — THÉORIE DE LA VOLO.MÉ

I. La volonlé considérée dans sa tendance à sa fin. L*Idée du Bien, essence dé la volonté. — II. La volonté considérée dans le chou des moyens. Le libre arbitre est-il dans Platon? Critérium fourni par Aristote pour distinguer la doctrine propre à Platon de la doctrine purement socratique. La science du Bien et Vopinion du Bien. Celui qui a la science du Bien choisit toujours le Bien ; celui qui n'en a que Topinion le choisit-il toujours? — Textes d'Aristote. — III. Textes de Platon ; leur sens véritable. Gomment Platon finit par mitiger la doctrine socratique; comment sa doctrine propre se dessine de pins en plus depuis le Gorgiof jusqn*au dixième livre des Lois, — IV. Les Lois. Explication de passages mal compris. Ce que Platon entend par dommage volontaire et involontaire. Comment sa théorie de la pénalité se concilie avec sa théorie de la liberté. — Conclusion : toute-puissance de ridée du Bien, quand elle est connue scientifiquement.

On reconnaît dans le Oujioç de Platon un principe analogue à la volonté dans le sens le plus général de ce mot (t).

(i) Platon entend par 6u{i.o( toute Ténergie de Tàme, toutes ses tendances à Taction et à la réalisation du bien que Tintelligencc conçoit. L'énergie ne peut se confondre avec Tappétit. Elle lui livre combat comme à un ennemi toujours redoutable. C*estlà son rôle. Dès qu*il s'élév» quelque sédition dans l'âme, Ténergie prend les armes en faveur de la raison {H(^p,i 140, e). Mais, parce que Ténergie se range ordinairement du côié de l'intelligence, faut-il conclure qu'elle ne s'en distingue pas? — Nullement. Les enfants, dès leur bas-àge, sont pleins d'ardeur et d'énergie; ils sont dépourvus de raison. Les animaux ne raisonnent jamais, ce qui ne les empêche pas de se porter sans cesse & Taction. Quand' Homère nôuk dit, ea parlant d'un de ses héros : Frappant sa poitrine, il gourmanda ainsi son cœur, n'est-il pas évident qu'il représente comme deux choses distinctes la raison qui délibère sur le bien et le mal, et l'énergie qui s'emporte aveuglément?

L'énergie, en effet, est aveugle de sa nature et a besoin d'être sans cesse guidée par la raison. Elle devient alors le principe de toutes les

La volonté, d'après Platon, est la tendance naturelle de Tâme vers le bien conçu par la raison. Toute activité, tout mouvement a nécessairement une fin(l). Mais il faut distinguer la fin relative de la fin absolue (2). Les fins relatives sont des moyens et non des fins véritables»

On peut donc étudier la volonté par rapport à la fin qu'elle poursuit et par rapport aux moyens qu'elle préfère.

L Vouloir j dans le sens propre du mot, n'ésl pas la même chose (\}i% faire ce qu'on juge à propos,

€ Penses-tti que les hommes veulent les actions mêmes qu'ils font habituellement, ou la chose en vue de laquelle ils font ces actions ? Par exemple, ceux qui prennent une potion de la main des médecins veulentils, à ton avis, ce qu'ils foniy c'est-à-dire avaler une potion et ressentir delà doufeur? ou bien veulent-ils la santé, en vue de laquelle ils prennent la médecine? — Il est évident qu'ils veulent la santé. . . — Quiconque jait une chose en vue d'une autre ne veut point la chose même qu'il jait^ mais celle en vue de laquelle il la Jait (3).> Toute chose est bonne, mauvaise, ou indifférente* Marcher, courir, s'asseoir, naviguer : voilà des choses indifférentes en elles-mêmes ; si nous les faisons, c'est en vue de quelque bien, c Cest donc toujours le bien que nous poursuivions ; lorsque nous marchons, c'est dans la pensée que cela

actions et de toutes les émotions généreuses. C'est une sorte d'amour actif qui a le plus souvent le bien pour objet. L*énergie ressemble beaucoup, par sa position moyenne entre Tappétit et la raison, à ces génies intermédiaires qui établissent la communication entre Dieu et les hommes, et dont TAmour est le principal. ,

{\)\.[e Philèbe, loc.ciU

(2) LysUy loc. cit. 219, d.

' (3; Goi*gias^ tr. Cousin, 339.— 502 b.

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