POLITIQUE
ridée de l'État : tv oùpoivâ Xcut^ irotpo^siYtta avaxe?rat ta»
Pou>o[A£vtf ipttv. Le livre des Lois contient un idéal plus réalisable, qui est comme Tunité-multiple entre Tunité pure et la multiplicité pure ; mais on y retrouve le même contraste entre la beauté des principes gênéet la dureté des institutions particulières.
La loi écrite est Tex pression de cette loi non écrite, qui n'est autre que l'Idée même du juste. Or, l'Idée s'adresse à la raison, et c'est aussi à la raison que doit s'adresser la loi écrite. Un exposé de motifs doit toujours la précéder ; car ce n'est pas une force aveugle et brutale, mais une force intellectuelle qui éclaire en même temps qu'elle commande.
Il est une espèce de lois qui mérite plus particulièrement l'attention du philosophe : ce sont les lois pénales. Leur but est de sauver l'homme, nojfi de le perdre ; de corriger le coupable en vue de la justice, et non de le faire souffrir par cruauté ou par intérêt. L'utilité séparée de la justice ne peut fonder la loi pénale. Platon en conclut que le principe de la pénalité est idenliqueau principe de l'expiation. L'État est donc chargé de faire respecter le bien et de punir le mal, ce qui met le gouvernement humain à la place de la Providence divine. La conclusion inévitable, c'est l'omnipotence de l'État et son intervention en toutes choses, môme dans les choses de la vie privée.
Comme un tel gouvernement, pour être parfait, devrait être infaillible, et que Platon connaît la faiblesse de l'esprit humain, il sent la nécessité de modérer le pouvoir par une constitution à la fois démocratique et monarchique (1). Cette théorie du gouverne- Ci) Cette idée n*appartient pas à Polybe et à Gicéroii) comme oti l'a cru. Voir les notes de notre édition classique du De RepuHicâ de Gicéron. (Delagrave, in-18.)
ment mixte est parfaitement d'accord avec les doctrines métaphysiques du Philèbe sur les trois genres de Tindéfini, du fini et du mixte. L'Idéal du gouvernement exposé dans la République serait Tunité absolue, achevée ou ^Aiie, et immuable. Les gouvernements vulgaires se perdent dans Tindéfini du despotisme ou de Tanarchie populaire, principe de mobilité et de troubles perpétuels. Enfin, le gouvernement modéré dont lesZo/j nous offrent le plan, appartient au genre intermédiaire, dans lequel l'unité et la multiplicité sont réconciliées pour produire l'ordre, la mesure et l'harmonie. Ces vues métaphysiques dominent la politique de Platon, comme elles dominent sa morale, son esthétique, sa philosophie tout entière.