‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 79 sur 138 · LK BIRN, SUPÉRIEUR A L INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

LK BIRN, SUPÉRIEUR A L INTELLIGENCE

l'Être en soi et de l'être dérivé s'élèverait une troisième Idée, celle de Vétre. C'est là une objection analogue à celle du troisième homme exposée dans le Parménide, et Platon la dédaigne avec raison. L'imparfait n'a qu'un être dérivé, emprunté à la perfection. Tout l'être qu'il possède se trouve éminemment dans le Bien. Le Bien a donc une véritable universalité : lui ajouter l'être des choses imparfaites, ce ne serait pas augmenter son être; car, ce qu'on prétendrait lui ajouter, il le possède déjà. La seule chose qu'il ne contienne pas, c'est la limitation et l'imperfection; il a tout le positif, sans le négatif. Or, on ne peut concevoir au-dessus de ces deux termes trn terme supérieur, puisque le second n'existe que par l'autre et ne peut être considéré comme une essence. Donc, en dehors de la perfection, il n'y a rien de positif, rien qui soit à parler exactement ; et on ne fait que jouer sur les mots en élevant au-dessus de l'Être absolument déterminé, un prétendu être abstrait et indéterminé qui n'est autre chose que le non-être lui-même. On confond ainsi les deux extrémités opposées de la dialectique: le Bien un, et la matière indéfinie.

Concluons avec Platon que le Bien est l'universalité absolue, dernier terme de la dialectique,' et qn'il est absolument indéfinissable, puisqu'il est à 'ui-même sa propre essence.

Le Bien est encore indéfinissable à un autre titre. Nous savons qu'il est un et simpley et qu'en même temps il est la réalité suprême ; par conséquent, il est l'absolue individualité. Or, l'individu ne se définit pas; toute définition est une analyse, un nombre (1) ; elle <^ccupe la région intermédiaire qui s'étend entre l'u-

(0 V. plus haul, p. va, .

nité absolue et la multiplicité absolue. Mais les deui extrêmes lui échappent : l'un est au-dessous, l'aotre est au-dessus de la définition, comme de Tessence.

S'il en est ainsi, le Bien ne peut plus être un objet de connaissance discursive, de connaissance humaioe, au sens propre de ce mot, bien qu'il soit le principe de toute connaissance. Tout est éclairé de sa lumière, rien n'est visible que par lui, rien n'est visible qu'en lui ; mais ce soleil intelligible a trop d'éclat y)our nos faibles regards. « Tiens pour certain que ce qui répand sur les objets de la connaissance, la lumière de la vérité, ce qui donne à l'âme qui connaît la faculté de connaître, c'est l'Idée du Bien. Considère cette Idée comme le principe de la science et de la vérité en tant qu'elle tombe sous la connaissance ; et quelque belles que soient la science et la vérité, tu ne te tromperas point en pensant que l'Idée du Bien en est distincte et les surpasse en beauté. En effet, comme dans le monde visible on a raison de penser que la lumière et la vue ont de l'analogie avec le soleil : de même, dans l'autre sphère, on peut regarder la science et la vérité comme ayant de l'analogie avec le Bien; mais on aurait tort de pi'endre l'une ou l'autre pour le Bien lui-même qui est d'un prix tout autrement relevé (1).-.. Auxdernières limites du monde intelligible est Vidée du Bien qu'on aperçoit avec peine ; mais qu'on ne peut apercevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de beau et de bon (2) ; que, dans le monde visible, elle produit la lumière et l'astre de qui elle vient directement ; que, dans le monde invisible,

(\) nip., VI, 511, h,

(2) R^^manpu'z la «lislinction du hon ei du Bien : i'un participe au Bitn. l'aiitn.' «'«^I l»' Mien m«'^me.

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