CHAPITRE V
PREUVES SOCRATIQUES DE L'eXISTENGE DE DIEU.
1. Preuve par la cause efficiente. Premier Principe : Tout changement a une cause. — Second Principe : Ce qui est dans l'effet se trouve dans la cause en Idée et éminemment. — Troisième Principe : Toute véritable cause est intelligente. — Preuve par la cause motrice. — II. Preuve par la cause finale. Dépendance de la cause motrice par rapport à la cau^e finale. Identité de la cause finale et de la cause exemplaire. Preuve de l'existence de Dieu : 1^ par le rapport des moyens aux fins dans la nature; 2^ par la tendance des facultés et des désirs au Bien dans l'humanité.'
La pensée de Dieu est la pensée fondamentale de toute raison ; elle représente tout à la fois et l'objet de la science et la science même dans sa perfection : c'est l'unité qui sert de mesure à toutes nos autres idées (1). Aussi lorsqu'il s'agit de prouver l'existence de Dieu, Platon ne s'y résigne que difficilement et comme à contre-cœur, pensant que de pareilles preuves seraient tout à fait inutiles sans les préjugés répandus parmi les hommes (2).
Comme le Bien ou Dieu est au-dessus de la définition, de même il est au-dessus de la démonstration logique.
Démontrer Dieu, ce ne peut donc être autre chose que tourner vers lui l'organe dfi l'intelligence, de même qu'on prouverait l'existence du soleil en tournant vers lui l'organe de la vue (3). En d'autres
(l)Low, IV, 716.
(2) Loij, X.
(3) Rép., vu.
termes, c'est rendre claire et distincte Tintuitioa confuse et obscure qui est au fond de toutes les âmes. Or, c'est là le propre de la dialectique. On peut donc considérer ladialectiquctoutcntière comme uneprenve ascendante de l'existence de Dieu. C'est la véritable preuve platonicienne.
Cependant Platon a reproduit et approfondi les preuves de Socrate, qui sont au nombre de deux. Il les considère comme des démonstrations populaires, fort inférieures à la preuve dialectique, mais utiles pour le commun des hommes.