ATTRIBUTS MÉTAPHYSIQUES DE DIEU
» tiers de lui-même une forme inférieure à la sienne? > — Impossible. — 11 est donc impossible que Dieu » veuille se donner à lui-même une autre forme (1). ^
Le Dieu de Platon est éternel et immuable. Il y a une grande différence entre le temps, fût-il sans commencement ni fin, et Véternité. Le temps est un passage perpétuel du non-être à l'être ; l'éternité est le repos de l'être (2). Elle consiste pour Platon, non pas dans l'absence d'une fin ni même d'un commencement, mais dans la possession immuable et simultanée de tout ce qui se développe successivement dans le temps.
De même, Dieu n'est pas dans l'espace. Platon nous a démontré, dans le Parménide^que TUnité n'esini en elle-même ni hors d'elle-même. L'idée même du lieu et de l'espace, appliquée à l'être véritable, est un rêve que nous transportons dans la réalité (3), une conception confuse de la raison bâtarde, confondue avec les pures conceptions de la raison intuitive.
En un mot. Dieu est absolu et supérieur à toute relation, même d'identité et de différence, d'égalité ou
(1) Celte démonstration, déjà si rigoureuse, est exposée d'une manière plus scientifique encore par Aristote, dans un passage de son Traité sur la PhUosùpkie^ conservé par Simplicius et cité plus haut. Ce passage est tout platonique : « La relation du moins bon au meilleur suppose le Bien absolu. Donc, puisque dans les êtres Tun est meilleur que l'autre, il y, a un bien parfait, qui est le divin. Or, ce qui change, ou reçoit le changement, ou le produit lui-même ; s'il le reçoit, c'est d'un être meilleur ou pire que lui; s'il le produit, c'est par le désir d'une chose mauvaise ou d'une chose bonne. Mais le divin ne peut être changé par un être meilleur que lui, etc. »
(2) « Le passé et le i\itur ne sont que des formes passagères que, dans notre ignorance, nous transportons mal à propos à la substance éternelle ', nous avons l'habitude do dire : elle fut, elle est, elle sera. Elle est; voilà ce qu'il faut dire en vérité... La substance étemelle, toujours la même et immuable... n'est, ni ne fut, ni ne sera jamais dans le temps. » Tim., 37, e.
(3) Tim., 5?, c.
K06 TBÉOBIGÉe DE PLATON.
d'inégalité, de similitude ou de diâsimilitude (1). Tels sont les attributs métaphysiques de Dieu, qai résultent du principal caractère de Tliée, l'uoîté, et qui constituent l'Individualité divine*
(i) V. Taaalyse du Parménide.