CHAPITRE VIL
t£S ATTftlBOTS HOBAUX DE DIBU. ^ PERSONNALITi DITlflB. ^
I. L^AeirviT^ BT I.A VIE EN DiBu. Qoe Dieu contiaot êminemmoBt le mouveaieot. Que Dieu contient éminemment le repos. Conciliation en Dieu de Tactivité vivante et de l'immutabilité. De la joie et du bonheur en Dieu. — II. L'intelligence en Dieu. L'Idée de la science. Garactare particulier de cette Idée, d'après le Parménide. Gomment elle est identique à la science de ridée. Unité du sujet et de l'objet, de Tintelligence et de l'intelligible en Dieu. Rapport de Tint^igence et de rintelligible. — III. Le bien est la bonté en Dieu. Nécessité de s'étover au-dessuB de rintelligence et de l'essence jusqu'au Bien. Unité suprtee de la perfection dans le Bien. *> }Y. La. PERsoNHAuré m Dieu . Largeur de la conception platonicienne. Gomment le Dieu de Platon est tout à la fois universel et individuel, impersonnel et personnel. — V. Platon a-t-il admis la TRiKiTé? Trilogies résultant de la théorie des Idées. Principaux rapports ternaires qu'on trouve lUas PlatoB.
L — L'activité et la vie en dieu.
I. € Il y a dans Jupiter une âme royale (^J/uyvi paailotyQ, en raison de sa puissance de cause (ità ttiv Tîç aÎTiaç XuvajjLiv (!).»€ Nous persuadera-t-on que, dans la réalité, le mouvement, la vie, Vdme, Tintelligence, ne conviennent pas à l'être absolu? que cet être ne vit ni ne pense, et qu'il demeure immobile, immuable (âxivTiTov éaTo;), sans avoir part à l'auguste et sainte intelligence? Ou bien lui accorderons-nous l'intelligence en lui refusant la vie? ou dirons-nous qu'il y a en lui l'intelligence et la vie, mais que ce n'est pas dans une âme qu'il les possède? ou enfin que, doué d'intelligence, d'âme et de vie, tout animé
{l)/'/ii7., loc. cit.
qu'il est, il demeure dans une complète immobilité ? — Tout cela me paraît déraisonnable. — Il faut donc accorder que le mous^ement et ce qui est mû EXISTENT (1). > Pour comprendre ce passage, il fauteo regarder surtout la conclusion. Platon veut démontrer que le mouvement existe^ et que d'autre part le repos existe aussi ; d'où il suit que ni le mouvement ni le repos ne sont l'Être, bien qu'ils coexistent dans Tabsolu de l'Être (tû TcavTaXûç ovti). Le mouvement est le nort^repos^ c'est*à-dire quelque chose à^ autre que le repos; te repos, à son tour, est non-mouvement^ iwtre que le mouvement ; or, deux déterminations autres ou différentes peuvent parfaitement, d'après Platon, coexister dans l'unité du Bien, c'est-à-dire dans l'être parfaitement déterminé sous tous les rapports. N'estce pas un fait qu'il y a du mouvement dans l'univers? n'est-ce pas aussi un fait qu'il y a du repos, et que Ton et l'autre ont leur raison dans le principe même de l'univers, dans Dieu ? 11 faut donc qu'il y ait en Dieu une forme de perfection, nn^Idée^ qui corresponde au mouvement ; et il faut aussi qu'il y ait en Dieu une forme de perfection, une Idée, qui corresponde au repos. On peut donc dire que l'Être absolu est mobile,— pourvu qu'on ajoute qu'il est immobile, et que ces mots expriment une contradiction relative, non absolue. Dans l'absolu. Dieu n'est ni mobile ni immobile, et cependant il enveloppe la possibilité du mouvement et du repos (2).
Encore une fois, on peut dire de Dieu qu'il est mobile (parce qu'il contient éminemment et en Idée le mouvement et l'évolution de l'universel) ; qu'il est immobile (parce qu'il contient éminemment le repos);
;i) Soph.. 210, a.
('2) V. noire analytro de la troisième Ihôbe du Parmènidf,