PERSONNALITÉ DE DIEU. LA VIE DIVINE. K
qu'il est mobile et immobile (parce qu'il contient éminemment ces deux déterminations différentes) ; et qu'il n'est ni mobile ni immobile (parce que ce qui contient éminemment deux choses diverses ne peut être confondu ni avec l'une ni avec l'autre, ainsi que \e Sophiste Vb. démontré).
Une fois qu'on a saisi cette pensée intime du platonisme, oii n'est plus choqué de ce que Platon attribue à Dieu l'immutabilité (dans le IP livre de h Bépubli" que) y et la mobilité spontanée (dans les Lois et dans les allégories du Timee). L'évolution dialectique de la vie divine doit être conçue sous l'idée de l'éternité (1). En outre, Platon n'accorderait point à Aristote, pas plus qu'aux Mégariques, que Dieu est un acte immobile à tous les points de vue, et sans puissance active : le but de la théorie des Idées est précisément de placer dans le Bien toutes les puissances.
Mais Platon établit comme une hiérarchie entre les divers points de vue. Celui de la mobilité lui semble évidemment inférieur à celui de l'immobilité, parce qu'il est plus relatif au monde et moins voisin du Bien absolu. Souvent même, forcé d'exprimer le Bien ineffable, et d'attribuer une essence déterminée à. celui qui comprend toutes les déterminations, Platon dira que Dieu est absolument immobile, parce que, de tous les mots de la langue humaine, c'est encore celui qui convient le plus à la majesté divine. Mais encore une fois, dans le fond de sa pensée, Platon regarde Dieu comme étant supérieur tout à la fois à ce que nous appelons mouvement et repos. N'a-t-il pas dit que le Bien est au-dessus de l'intelligence, et par conséquent de l'âme? Le volï; a pour caractère principal
(I) Sul) specie aplcrni. (Spinoza,)
JHO
THÉODIGÉC W- PLATON.
l'immobilité de l'intuition ; la ^\r/iî d pour caitoctèté principal Ta mobilité de la vie; le TÔyûtOov n*êst tti l'un ni l'autre, non parce qu'il est inférieur, mai^ parce qu'il est meilleur (^Xiwi)^ ou plutôt parfait (3pw-