PERSONNALITÉ \)E DIEU. LE BIEN
OT) peut dire indifiTéremmont, au point de vue métaphysique, que l'essence est parce qu'elle se pense, ou qu'elle se pense parce qu'elle est. N'oublions pas que Platon , après avoir fait la pluralité^ fait toujours l'unité; et c'est seulement dans l'unité du sujet et de l'objet que peut se trouver la vraie certitude, la science en soi.
Ainsi l'intelligence personnelle de Dieu consiste dans l'éternelle unité de la. pensée et de l'essence. Mais cette unité vient d'un principe supérieur d'où découlent tout à la fois et l'essence et la pensée; et la dernière solution à laquelle Platon arrive , c'est que rintelligence et l'Idée ont leur raison première dans un principe distinct, qui est le Bien.
ni. Lk Bien.
Nous l'avons vu, « on peut regarder la science et 3 la vérité comme ayant de l'analogie avec le Bien; » mais on aurait tort de prendre l'une et l'autre pour • le Bien lui-même, qui est d'un prix tout autrement » relevé. Sa beauté doit être au-dessus de toute expression, puisqu'il produit la science et la vérité, et qu'il est encore plus beau qu'elles.,. Il est quelque chose yor/^^^-rfew^^^ de l'e^jéîwce, en dignité et 9 en puissance (i). »
l"* 11 y a en effet un bien plus simple^ plus un que rintelligence et que l'essence. Car, si l'unité est la loi de l'intelligence, la pluralité est aussi sa loi (2). L'intelligence est nécessairement analogue à son objet chez l'homme, et identique à son objet chez Dieu. Or cet objet, qui est l'Idée, est un et plusieurs^ comme
(I) Rn).. VI, 57.
[2)Plnirbf, <C, L, c, il.
toutes les essences éternelles. L'Idée est un nombre (1); donc Tlntelligence est aussi un nombre:elle est ridée de la science en soi, et par cela même elle enveloppe, comme les autres Idées, la pluralité. En outre, les essences sont distinctes les unes des autres, puisqu'elles sont des principes différentiels. A celte distinction dans l'objet doit répondre une distinction dans le sujet. D'où il suit qu'il reste une certaine pluralité dans l'intelligence comme dans le monde intelligible. L'intelligence humaine est une multiplicité qui s'unifie, et c'est en cela que consiste la dialectique. L'intelligence divine est une unité qui se multiplie; c'est une dialectique opposée à la nôtre, et qui n'a pas besoin de mouvement pour se développer, mais qui enveloppe éminemment la pluralité. Donc le monde des Idées et l'intelligence qui le contemple sont Tunité-multiple, que Platon nous a représentée comme la condition essentielle de toute science (2). Il ne pouvait donc s'arrêter sans inconséquence à ce degré de l'échelle dialectique, hdi République et le Parménide prouvent qu'il l'a compris,
2** L'intelligence n'est pas le Bien universel. Nous avons vu que, dans le plaisir même, malgré son infériorité, il y a encore l'image d'un bien qui n'est pas celui de l'intelligence, et qui doit y être ajouté ave*' d'autres biens encore (3). De môme, aucune essence particulière ne peut être considérée comme la véritable universalité.
3^ L'intelligence n'est pas absolue et suffisante (aùraoKÉ; l'/.«vov). Car tous les êtres désirent le Bien, et tous ne désirent pas l'intelligence. De même, aucune
(t) IbiiL
(2) V. le Sophiste et lo Pnrmrnùfe,
(31 PhiJèhe. If).