Parm., ibid.; — tr. Cousin
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dira-t-on, un principe d'Aristote. Oui, sans doute; mais c'est avant tout une conséquence de la théorie des Idées.
Ici se présente un nouveau problème que Platon a parfaitement aperçu et qu'il a résolu.
Est-ce l'intelligence qui est la raison première de l'Idée, ou l'Idée qui est la raison de l'intelligence? ou encore, l'Idée et l'intelligence ont-elles l'une et l'autre leur raison première dans un principe distinct de toutes les deux, supérieur à toutes les deux?
D'abord, dans l'ordre logique, l'intelligible ou l'Idée semble être avant l'intelligenoe : pour que la pensée existe, il faut que la vérité existe. C'est la réalité de l'essence qui rend possible la science, Voilà pourquoi il est inexact de définir tout d'abord l'Idée une pensée divine ; car l'Idée est logiquement en soi avant d'être pour soi : elle est une détermination ou forme du Bien avant d'être une pensée du Bien.
Mais c'est là une distinction purement logique, et on peut dire indifféremment, au point de vue métaphysique que l'essence est parce qu'elle se pense, ou qu'elle se pense parce qu'elle est. N'oublions pas que Platon, après avoir fait la pluralité, fait toujours l'unité; et c'est seulement dans l'unité du sujet et de l'objet que peut se trouver la vraie certitude, la science en soi.
Ainsi l'inlelligencc de Dieu consiste dans l'éternelle unité de la pensée et de l'essence. Mais cette unité vient d'un principe supérieur d'où découlent tout à la fois et l'essence et la pensée ; et la dernière solution à laquelle Platon arrive, c'est que l'Intelligence et l'Idée ont leur raison première dans un principe distinct, qui est le Bien.
in. — Le Bien.
Nous l'avons vu, « on peut regarder la science et la érité comme ayant de l'analogie avec le Bien; mais on
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aurait tort de preniire l'une et l'autre pour le bien luimême, qui est d'un prix loul nulretnetil relevé. Sa beauté doit être au-desjsus de toute expression, puisqu'il produit la scieiiee et la vérité, et iju'il est encore plus beau qu'elles... Il esl quelque chose fort au-dessus de l'essence en diynité et en puissance ' . •
1* Il y a en effet un àien plus simple, plus un que l'intelligence et que l'essence. Car, si l'unité est la loi de l'inlelli^ence, la pluralité est aussi sa loi '. L'intelligence e.sl nécessairement analof,'ue à suu objet clieï riionime, et identique à son objet chez Dieu. Or cet objet, qui esl l'Idée, est un et plusieurs, conime toutes les essences éternelles. L'Idée est un nombre ' ; donc l'Intelligence est aussi un nombre : elle est l'Idée de la science en soi, et par cela même elle enveloppe, comme les outres Idées, la pluralité. En outre, les essences sont distinctes les unes des autres, puisqu'elles sont des principes différentiels. .\ cette disliucliou dans l'objet doit répondre une distinction dans le sujet. D'où il suit qu'il resteune certaine pluralité dans rinlelfi^îcnce comme dans le monde inlelligible. L'intelligence humaine est une multiplicité qui s'unilie, et c'est en cela que consiste la dialectique. L'intelligence divine est une unité qui se multiplie; c'est une dialectique opposée à la nôtre, et qui n'a pas besoin de mouvement pour se développer, mais qui enveloppe éminemment la pluralité. Donc le monde des Idées et rinleiligence qui le contemple sont l' unité-multiple, que Platon nous a représentée comme la condition essentielle de toute science ', 11 ne pouvait donc s'arrêter sans inconséquence à ce degré de l'échelle dialectique. La Rêpuldique et le Pamiénide prouvent qu'il l'a compi'is.
2° L'intelligence n'est pas le Bien univer&eL Nous avons
i. Rep., VI, 51.