‹ La philosophie de PlatonChapitre 111 sur 260 · DIEU PR0DC5TEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

DIEU PR0DC5TEUR DU MONDE

La conclusion de ces t ms grands principes si inlimement liés l'un à l'autre, c îsl que l'unité du Bien contient émiiiemmcnl le mulllple sous la forme de l'Idée de la Dj'ade. Or, si les Idées, qui sont des essences paiJiuulîéres, sonl éternellemcnl réelles en Dieu, parce que Dieu est VUn qui eU, il en résulte que le monde est possible, du moins sous ce rapport qu'il existe éternellement un modèle donl U peut être l'image : Rôsijloï voTjTÔf.

n. — Conception du monde.

S'il est difllcile de comprendre comment le monde est possible en sol, il n'est pas moins difficile de comprendre omment Dieu peut le concevoir. Aussi est-ce là une des grandes difficultés que le Pamiénide soulève. Arislote apercevra, lui aussi, cette difficulté, et il déclarera iin|iossible la connaissance du monde par Dieu, ce qui entraine la suppression des Idées. Platon, au contraire, attribue à Dieu la comiaissauce du monde, et en laisse vaguement entrevoir dans le Fannénide l'explication relative, sans se dissimuler que ce qui a rapport à l'Un est pour nous inexplicable.

La science en soi, dit Parménide, est identique à la science des Idées et ne peut avoir d'autres objets que les Idées. Si done le monde sensible est le contraire des Idces, la science en soi ne peut le connaître, et Dieu ignore le monde, de même que le monde ignore Dieu.

Il y a, selon Platon, un vice dans cet argument, puisqu'il aboutit à la négation d'un fait. N'est-ce pas un fait Ique nous connaissons Dieu, ce qui suppose que Dieu connaît le monde '?

Le vice de ce raisonnement est celui qu'on retrouve dans toute rarguinenlatioE de Parmcuide, et contre lequel le Voy

1. Plulon ne sépare pas ces deux ctioses, coiniae Aristote. Voy. tome l".

Sophintc iwiis n prémunis. Le geHBihli* n'est qiin la néi^ulimi [tni'lirlltv ivm la m'-giilinn bIisoIiip dti l'iiiti>)lt!;ihlc. Or n'Itii qui euiiniil li- plus |iptit friiicrviiif fi; moinx. Si doue Dieu eoaçost les Idées, il peul concevoir le module du monde et le monde lui-même.

Ln dinictilté est reculée du monde sensible dans le monde inlelliKiMe, maif* elle n'est pas encore résolue; Car un |)eul demander comirieul Dieu, qui e»\ un, peut concevoir le monde des Idées, qui est multiple. Ce prablÈme n'est pas autre ehosc que celui de la piuihu-tion par le Bien île l'intelligenee et de l'essence, ou de lu dualité par l'unité.

Nous venons de voir comment Flalon l'a résolu, cl il en eût sans duute fait l'apgilieation à l'intelligence divine. Dans l'unité réelle du Bien, il y a une ilualité intelligible, celle de l'un el celle de l'être. C'est cette dualité qui rend possibles el l'esseneu et la pensée, et l'union de l'essence avec la pensée dans l'Idée. LV/b se divise donc, par une contradiction qui a'asA. qu'apparente, puisque la dualité n'osl pas la véritable né;(a(ion de l'unité, qu'elle im]iliquc. En se divisant, le Bien-un produit à la fois la vérité et l 'intelligence, comme le soleil, par les rayons qu'il répand de son Coyer immobile, produit la lumière et la vision de la lumière.

L'unité enferme donc l.i dyade, et la dyadc produit l'essence et la science : elle produit l'Idée '. C'e^t ainsi que le Bien devient intelligence sans cesser d'être le Bien, ou plult'it parce qu'il est le Bien universel et qu'à ce litre il enveloppe l'intelligence elle-même.

Une fois celle première division produite dans l'unité du Bien, il eii résulte la multiplicité intelligible des Idées, Nous l'avons vuj dans chaque partie de l'un et de l'èlre, dans chaque Idée, on retrouve encore l'un el l'être, el par conséquent des parties, nouvelles, de nouvelles Idées.

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