‹ La philosophie de PlatonChapitre 116 sur 260 · I. — Le MOtlVEMKNT. Le TEMPS. RAPPORT DU HONBE AU TEMPS · texte numérisé non relu

I. — Le MOtlVEMKNT. Le TEMPS. RAPPORT DU HONBE AU TEMPS

Le monde existe été ['nullement dans l'inteiligeiicc iliviiu!, avec sa mulliplicilé et sn diriBibilîté intelligibleit. Mais il est immobile comme l'iiiteOiffence m('^me, camnie l'Idée. Pour qu'il devienne le momte sensible, il fuul que sa mobilité idéale devienne un mouvement réel, une génération dans le temps et dand l'espace. C'est par le temps et l'espace que se réalise le mouvement, lu génération; car, toutes les parties du temps et de l'espace étant l'une hors de l'aulre, la mnltiplieilé et la division y sont réelles.

Le mouvement est inséparable du temps. L'iitne universelle engendre donc ces deux choses à la fois, et le Parménide explique cette génération par une évolution d'Idées. On se rappelle les conclusions opposées des deux premières hypothèses du Parménide ', et comment Platon

1. L'un, eti liint iju'un, n'est ni un ni multiple. En tant quWrs, ilustun et multiple.

les concilie dons le mouvemenl, effel [>ropre de l'âniG. « n y nécessairement un Icmps où l'un prend [isrl à t'£tre el un autre où il l'ulHiniionnQ; car coninicnl serail-il possible que tanlt'it on eût, luntôt nu n'eûl ]ias unft mr-me chose (n savoir l'ôtre), si on ne la prenait l'I ne la bissait lour à lour?... L'un, prenant et laissant VùU-e, naît et périt. * Il éprouve les trois espèces de changement : génération et corni|itii»n, altération, Iranslalion. Nous avons déjà vu eu partie ce (]u'il y a de merveilleux dans cette chose élrauge : l'instant. • L'instant semble désigner le point où l'on clian{;e en fmssant d'un état à un autre. Ce n'est pas [lendant le repos que se fait le changement du repos au mouvement, ni pendant le mouvement que se fait le changement du mouvement au repos ; mais cette chose étrange qu'on appelle l'instant se trouve au milieu entre le mouvement et le repos, sans être dans aucun temps, el c'est de là que part et là que se termine le cliangement, soit du mouvement au repos, soil du repos au mouvement... De même, lorsque l'un change de l'être au non-ètre, ou du non-être à la naissance, n'esl-il pas vrai de dire alors qu'il tient le milieu entre le mouvement et le repos, qu'il se trouve ni cire ni ne pas être, qu'il ne nuit ni ne périt? > Ainsi Vinslant, où coïncident les contraires, est une limite commune, expression de l'âme, où coïncident également l'un et le multiple, Le mouvement n'a point eu de commencement, puisque l'âme qui se meut sans cesse n'en a point eu '. * Qu'il y ail une chose sans moteur, ou un moteur (l'âme) sans

1, B L'être qui se meut de lui-même est un principe de raouvemeut, et il ne peut ni uailrc ni périr; aulremunt tout leciet et l'eniiemble des clioses visibles lomlieraieut i la fois dans une Tuncsie iinmobililé, cl rien uq pourrait plus désormais leur rendru le mouvement et la vie. Il est prouvé que tout ce

qui se meut soi-même est immortel Et s'il est vrai que tout

ce qui se meut nst Ame, l'âme ne [letil avoir ni commence» ment ni fin. » l'hsedr:, 47, c.

COSUOLOGIE PLATONICIENNE

utie chose tntie (la génération), cela est fort difficile, ou pour mieux dire impossible ' . >

Le temps, qui est inséparable du mouvement, doit être également illimité dans le passé comme il l'est dans l'avenir. Le temps est, comme la génération, quelque chose d'infini. Platon le déclare dans les Lois : /f&v&u ftiixotic

TE X«l tÎTtElpilî '.

On objecte que, dans le Timée, le temps n'est point représenté comme sans commencement, mais, au contraire, comme formé avec le ciel, qui lui-même semble n'avoir [tas toujours existé ',

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