Lois, C, Vil
THÉORIE DE L'AIIT
d'une image, l'ombre d'une ombre. Un peintre habik à *îmiler esl à (M'emlêre vuo un artisle meiveilleux. Il ressemble, suus certain» rn[i(Kirtii, à ce ifrand artiste qui fail toutes choses, ■ la terre, le ciel, les dieux, tmil ce <jU! existe au ciel et sur la terre el Jans les enfers ' ». Car le jieiatre, lui uussi, [leul luire toutes choses, mais ù lu luuuiére d'un inirtiir tjui rcproiluittous tes objets. Il imite les objets sensibles, qui eux-nii^raes sont l'imitalinii des Idées; il est donc éloigné de Irak degrés de ta réalité véritable. » Ce qui fuit qu'il exécute tant de choses, c'est qu'il ne prend <]u'une petite [lartie de diucuue; encore ce qu'il en prend u'est-il qu'un fantôme. 11 ne fail illusion qu'aux enfauts et aux ifrnuraiits. •
Si emuue h; (jeu de réalité de r<euvre était couipensê jiar la (lorlée morale ! Mais il n'en est rien, d'après Platon. Ces peintres qui reju'oduisenl toutes choses, ces poètes qui, comme Homère, introduisent dans leurs vers luules les passions, tous les vices, Ions les caractères, mauvais ou bons, s'adressent aux sens et à l'opinion, jaujais à la raison. « Si ilonc, d'une part, la peinture, et eu général tout arl qui consiste dans l'imitation, occom|)litson œuvre bien loin de la vérité, de l'aulre, cet arl a commerce et amitié avec une partie de mius-mCmes bien éloignée de la sagesse, et d'où îl ne provieul rieu de vrai et de sulide. Ainsi l'imitation, mauvaise en soi, et en mauvaise compagnie, ne [iroduit que des fruits mouvais. •
Beaucoup d'interprètes ont vu là une nondumnatioii de tous les arls, sans exception. C'est qu'ils n'ont pas saisi la disliuction établie par Platon lui-même entre les deux espèces d'imitation, l'une matérielle, l'autre idéale; entre les deux muscts, l'imc qui parle aux sens, l'autre qui s'adresse à l'esjiriL Plalou ne veut condanmer que Fimitnlion de la réalite sans [(orlee morale, el il a le lort de ranger Homère parmi ces vul{;aires n imitateurs •.