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LA PnOVIDENCE
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Rien u'esl [iliis conlroirc à la thêone Jes Idées que la (lodrine i{iii fait résuKer le hien el le mal Je la liberlé d'inilifTi-'rence allribuée à Dieu. On peut mâme dire que cette doelrine est Tasililhèse absolue du [ilatonisme, L'Idée, en effet, est quelque cliose d'essenliellemenl déterminé, puisqu'elle est le priiici|)e même de la détermination. L'Idée, c'est la nature des choses en tant que nécessaire, absolue et éternelle. Si donc il y a des actes justes^ pieux et saints, e'esl qu'il y a une justice el une sainteté absolue, dont l'essence à jamais déterminée est inaecessible au changement. La sainteté, la justice, c'est Dieu même, qui comprend en soi toutes les Idées et qui ne pourrait les changer sans se détruire lui-même. Dieu n'est donc pas J'indilTérenec el l'indétermination absolue qui crêc les essences par un acte arbitraire et sans raison, ou par une sorle d'expansion fatale. L'indifférence, c'est la matière, qui peut tout devenir et qui n'est rien. Attribuer le saint et le juste à une puissance indéterminée par ellemême et qui se détermine sans motif, c'est confondre les deux |)iMes ojiposés de la théorie des Idées : le Bien et la matière, l'Être el le non-étre, l'Unité et l'indéfini.
Si donc on entend par liberté la puissance indifférente, Platon dira que Dieu n'est pas libre, et qu'une pareille indifférence, en la supposant possible, tiendrait à la matière, non au Bien. D'où vient notre Ubre arbitre à nousmêmes? de ce que l'ombre de la matière qui recouvre en partie notre âme l'empêche d'apercevoir dans tout son éclat la pure lumière du Bien, Si l'essence éternelle se révélait à nous, quel amour n'allumerait-elle pas dans nos (Mîurs ! Toute indiffé et notre âme serait l'image de Dieu même. Serait-ce la perte de la vraie liberté? Non; ce serait plutôt son triomphe : est-on esclave quand on possède le bien, quand on est le bien même et qu'on agit avec une indépendance absolue conformément à sa propre nature- non h une volonté élran-
■euce disparaîtrait de notre nature, déterminée dans tous ses actes h
8lfl LA PHILOSOPHIE DE PLATON
f^reî Telle esl la liberté M Dieu, llilce mr>me de la lilM'Ht', exclimnl toute indolcrmiiiHtion du sinn «le la sub-
staiiL-e parfaite.
Le saint est donc suint |>ar lui-mAme, puisqu'il n'est autre chose que Dieu. Et si Dieu aime le saint, c'est qu'il a [Kmr lui-méuie un îneffaiile amour. L'objet aimant et l'ubjul uinié ne font qu'un dans le Premier AioiuLle ' ; m'dh la pensée luiiiiaine 3 le droit de les distinguer et de maintenir leui' onlic logique.
La «onséquence de cette doctrine, c'est que la morale a son principe en Dieu et qu'elle est identique dans l'absolu aveo la religion. Mais c'esi là un {wint de vue metapliysique qui n'enlève pas à la morale son indépendance scientifique, qui la lui assure au euiitraire. C'est parce que le juste est juste en soi que la raison liuuiuine, une fois en possession de cette idée, peut en tirer toutes les cou sé{] nonces qu'elle renferme et arriver à des règles altsolues, indépendantes des formes diverses que [leuvent prendre les religions. Plùton dit dans VÂ'nlhypIiron : il y » une sainteté qui résulte de la nature essentielle des choses, une Idée de la sainteté supérieure aux religions et qui les juge, les condamne ou les absout, loin d'élre jugée par elles. iMais le plidosophe, qui remonte jusqu'au sommet l'échelle dialecti<iue, ne laissera pas retle Idée du juste dans sa sulilude ; il lu rattachera à son premier principe, qui est Dieu même, et fera ainsi coïncider dans l'abï^oln ces trois choses relativement distinctes : la morale, la métaphysique et la religion.
En conséquence, la vraie piété est la justice même : toutes les vertus morales deviennent religieuses en se rattachant à leur premier principe, à l'Idée du Bien en soi.
La ressembla liée à Dieu, c'est la vertu ', et la vertu est fille de l'amour. Celui qui aime l'ordre, la vérité, la