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LA PROVIDENCE
beauté éternelle, celui-là est aimé des dieux, dit Platon dans le Banquet '. Le mystère de l'amour, que décrit Diotime, est donc le mystère de la religion et aussi celui de la Providence. L'amour n'est-il pas ce génie qui relie le ciel à la terre, descendant de Dieu à l'homme, remontant de l'homme à Dieu? En s'aimant lui-rri'me, Dieu aime le Bien, et il aime aussi tout ce qui olue l'image du Bien. « Ce qui est bon n'est-il pas bienfaisant? » Toute chose participe donc d'une manière mystérieuse à l'amour de Dieu, en même temps qu'au Bien. De là la Providence. A cet amour répond nécessairement le nôtre, puisque notre essence est d'aimer ce qui est bon. Quand notre amour pour le Bien prend conscience de lui-même et se rattache volontairement à son principe, alors se produisent la vertu, la sainteté, la piété, et c'est cette réponse intérieure de l'homme à la Providence qu'on nomme la Religion.