‹ La philosophie de PlatonChapitre 141 sur 260 · Soph., 306, siip · texte numérisé non relu

Soph., 306, siip

4. Tim., j!). — Cr. Arist., Fhys., I, VH, liH; Simplicius, la Phys., i. 50, [}. 342; Tinfiée cto Lncrei, 94, b.

LE MAL ET L'oPtlMISME

relalif. < L'un, disait Platon, existe absolument; l'inlini n'existe que relativement à l'un '. » C'est ainsi que la matière même se rattache à l'Unité par le lien d'une relation nécessaire. Quant au néant absolu, il n'est ni réel ni possible, ni nécessaire ni contingent, ni fini ni indéfini, ni Dieu ni matière. Il n'est rien, pas même une pensée, et moins une pensée que tout le reste. S'il était quelque chose, il serait le mal absolu, éternel, immuable; et encore ne peut-on dire qu'il serait mauvais, car c'est attribuer indirectement une qualité à ce qui n'en a aucune. Nous ne pensons pas le néant, ou nous ne le pensons qu'en niant toute pensée. Laissons aux sophistes cette chimère de l'esprit qu'ils essayent vainement de saisir.

En définitive, le mal considéré généralement est le pur possible. Parlons plus exactement encore : le possible, qui en lui-même n'est encore ni bon ni mauvais, est seulement le principe du mal. Pour que le mal se réalise, il faut que le bien contingent se réalise aussi ; et dans ce cas le mal n'est réel que comme limite, comme borne du bien ; il est toujours non le positif, mais le négatif; il est le possible débordant toute réalité imparfaite ; il est le moindre bien. C'est, comme on le dira plus tard conformément aux principes de Platon, causa deficiens, non efficiens '.

Or, par cela même que le Bien absolu existe nécessairement et éternellement, il en résulte que le possible luimême est nécessairement et éternellemenl possible. S'il ne l'était pas, le Bien absolu n'aurait point en lui toutes les perfections que conçoit la pensée : il n'aurait pas la fécondité et la puissance; il n'aurait pas assez de réalité et de bien pour se communiquer sans s'appauvrir; il ne serait pas l'Être parfait. Ainsi, de l'existence nécessaire du Bien résulte l'existence nécessaire de la matière, non

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