Farm., 13î, II, b, c
LE MAL ET L'OPTIMISME
un être bon ne peut garder le bien pour lai-même : il le répand tout entier.
De celle doctrime du Timée résultent deux conséquences :
1° L'univers est le meilleur possible.
2° Il n'est pas le meilleur être absolument, il n'est pas Ij Bien môme, et par conséquent le mal est nécessaire dans l'œuvre divine.
L'optimisme se concilie donc cbez Platon avec la doctrine de la nécessité du mal en tant que contraire relatif du bien. C'est même cette première opposition du bien et du mal, de l'être et du non-être, qui devient le principe nécessaire et suprême de toutes les oppositions de qualités, c Le mal ne peut être détruit ', mais il peut diminuer de plus en plus ; et si vous embrassez la durée infinie de l'univers, l'œuvre divine vous offre la plus parfaite image de Dieu même.
C'est ce que nous avons d'abord peine à croire devant toutes les formes du mal dont nous sommes témoins, jusqu'à ce que la philosophie nous fasse comprendre ce caractère passager et relatif du mal.
II. Le mal métaphysique se traduit dans le monde réel sous deux formes principales : le mal physique et le mal de l'àme.
Le mal des corps, d'après Platon, n'est autre chose que la corruptibi'ilé. Or, pour que les corps périssent, il est nécessaire qu'ils soient corruptibles. Et s'ils périssent, c'est en vue d'un plus grand bien. Sans la corruption cl la génération, la nature ne pourrait se renouveler '. Quant au mal des âmes, il provient de l'union de l'âme immortelle avec l'àme mortelle et avec le corps. Lorsque celle union s'accomplit, < les cercles de l'âme immortelle.