‹ La philosophie de PlatonChapitre 144 sur 260 · Phad., 72, c; 10, d; 103, b. Rep., X, 611 a · texte numérisé non relu

Phad., 72, c; 10, d; 103, b. Rep., X, 611 a

L\ l'MILOSOPHIE DE PLATON

comme plongés dans un fleuve, ne se laissèrent pas emporter par le courant, mais ne purent le régler, tantôt ctitraiués, lanlôt entraînent à leur tour. . . Les sensations et les émotions les agitèrent violemment ; elles arrêtèrent uiilièrement par leur tendance contraire le mouvement du même (la raison), l'empêchèrent de poursuivre et de terminer sa course, et introduisirent le désordre dans le mouvement du divers (l'opinion)... Au milieu de ces désordres et d'autres semblables, quand les cercles viennnnt à rencontrer au dehors quelque objet de l'espèce du même (les Idées) ou de l'espèce du divers (les choses sensibles), ils donnent à ces objets les noms de môme et de divers, à l'encontre de la vérité; ils deviennent menteurs et extravagants, et il n'y a en eux aucun cercle qui dirige et conduise les autres... L'âme commence donc par être sans raison quand elle vient d'être unie à un corps mortel. » Mais le calme cl la régularité reparaissent peu à peu dans les cercles de l'âme, « et ils rendent sage l'homme dans lequel ils se trouvent. Et si en outre on a reçu une bonne éducation, on devient un homme accompli et parfaitement sain, et on évite la plus grande des maladies ' . • L'erreur et le vice résultent donc du contact de l'âme raisonnable et du corps par l'intermédiaire de l'âme mortelle. L'erreur est l'état de l'intelligence qui, en rapport avec le relatif et comme plongée dans la ' matière, confond «ne relation avec une autre et mêle les genres aulremcul qu'ils ne sont mêlés dans la réalité '. L'erreur, quand elle porte sur le juste et l'injuste, engendre le vice, qui n'est qu'un changement de direction dans les forces de l'âme. Au lieu d'aller vers un plus grand bien, vers le Bien absolu, l'âme se retourne alors vers un bien moindre, vers le corps ' ; et le corps est un mal par rap-

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