Voy. le Phédon
LE MAL ET L'OPTIMISME
port à l'âme, quoiqu'il soit lui-même un bien par rapport à la matière informe.
Mais pourquoi Dieu a-t-il permis ce contact de l'âme immortelle avec l'âme mortelle et avec le corps ? — C'est sans doute parce qu'il est nécessaire que le bien pénètre jusqu'à l'autre bout de la chaîne des êtres, et l'âme jusqu'à la matière, pour que le Tout soit parfait ' ; qu'il n'y ait pas seulement d'un côté des âmes rationnelles et immortelles, de l'autre des âmes irrationnelles et mortelles, mais encore, entre ces deux sortes d'âmes, des âmes intermédiaires, rationnelles et mortelles à la fois. Dans la dialectique, on ne s'élance pas d'un genre à un autre genre éloigné du premier : il y a des espèces intermédiaires qui expriment des formes possibles de l'être et qui sont comme une série. Le Démiurge réalise toutes ces formes dans l'œuvre dialectique de la production du monde. * Il faut que le Tout soit vraiment un Tout (tb «Sv ifitav) ' >, que l'univers soit vraiment universel comme la pensée divine.
Donc le mal des âmes, comme le mal des corps, a pour fin un plus grand bien et ne fait qu'augmenter la perfection et la compréhension du Tout '. Il n'apparaît d'ailleurs que quand on considère en elle-même une seule partie du Tout, une seule âme, un seul individu. Cette vue partielle, bornée et comme négative, produit l'illusion du mal. Quand on regarde chaque partie non plus en ellemême, mais dans le Tout, le mal disparait et l'univers est le meilleur possible : la raison corrige, du point de vue de l'universel et de l'Idée, l'erreur de l'opinion, qui