‹ La philosophie de PlatonChapitre 15 sur 260 · Lait, II, Si · texte numérisé non relu

Lait, II, Si

THÉORIE DE l'art

des enfants un peu plus grands sera pour le poète comique ; celui des femmes d'un esprit cultivé et de la plupart des spectateurs pour le poète tragique. » Quant aux vieillards, ils préféreront l'épopée. Comment donc tirer un jugement sûr et une règle véritable de ce conflit de sentiments variés? c La plus belle muse est celle qui plait à ceux qui valent davantage, ou même à un seul, s'il vaut mieux que tous les autres *. »

Le plaisir, pour les arts, n'est qu'un moyen. Leur fin est ailleurs.

Est-elle dans l'imitation exacte de la nature? — Certes, on ne peut nier que l'exactitude dans la reproduction ne soit un mérite nécessaire. « Nos vieillards, qui recherchent la plus parfaite musique, ne s'atlacheront point à celle qui est agréable, mais à celle qui est juste; et la justesse de l'imitation consiste, comme nous l'avons dit, dans la juste représentation de la chose imitée. > De même, un peintre doit respecter la vérité dans ses imitations : il faut que le premier venu puisse reconnaître les objets représentés. Mais cela suffit-il? < Lorsqu'on sait que la chose qu'un artiste a voulu représenter sur la toile ou sur le marbre est un homme, et qu'il en a exprimé fidèlement toutes les parties, avec la couleur et la figure convenables, s'ensuit-il nécessairement qu'on soit en état de juger d'un ccup d'oeil de la beauté d'un ouvrage ou de ses défauts?

— En ce cas, nous nous connaîtrions tous en peinture.

— Tu as raison. En général, à l'égard de cette imitation, soit en peinture, soit en musique, soit en tout autre genre, ne faut-il pas, pour en être un juge éclairé, connaître ces trois choses : en premier lieu, l'objet imité ; en second lieu, si l'imitation est exacte; enfin, sielleesl belle, que cette imitation soit faite par la parole, ou par la mélodie, ou par la mesure? > Ce passage décisif montre que, d'après Platon, l'imitation des objets est un moyen ; Vex-

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