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II. — Preuve pythagoricienne et platonicienne

PAR LA PAI.INGÉNÉSIE et LA MÉTAMOIIPHOSE DES CONTRAIRES.

Selon les pythagoriciens, comme selon la tradition orientale, les morts sont destinés à renaître el les âmes passent sans cesse d'une existence à l'autre. Platon, pour recueillir ce que cette antique doctrine contient de vrai, la ramène d'abord, selon sa méthode habituelle, à une loi générale du monde : la métamorphose des contraires.

Le monde où nous vivons est le monde du mouvement, et lout mouvement est la conciliation de deux contraires, par le passage de l'un à l'autre. L'univers esl soumis à deux actions opposées qui rentrent continuellement dans l'unité : l'expansion el la contraction, la vie et la mort s'y succèdent et s'y neutralisent sans cesse. Le plus fort naît du plus faible, et le plus faible du plus tort; le plus grand naît du plus petit, et le plus petit du plus grand; la lenteur de la vitesse, la vitesse de la lenteur. « C'est qu'entre deux choses semblables, dit Platon dans le Tintée, le mouvement ne pourrait avoir lieu. » Les choses doivent donc naître des choses mortes, el réciproquement; si la vie engendrait la mort et que

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