Phédon, cb. xvm-xxm
l'immortalité
logie de l'objet intelligible au sujet intelligent. L'objet, qui est la vérité même, est divin, simple et conséquemment indissoluble ; car ce qui est simple ne peut se dissoudre et demeure identique à soi pendant l'éternité *. Si tel est l'objet pensé, tel aussi doit être, en une certaine mesure, le sujet pensant. Sans doute il y a en nous quelque chose d'analogue à la matière changeante : c'est notre corps avec tout ce qu'il introduit dans l'âme même. Mais par la pensée pure, par la contemplation de la pure vérité, nous nous dégageons de cette partie tournée vers le dehors ; et l'âme, dans son intelligence, participe réellement à l'intelligible. Quand l'âme examine les choses par elle-même, alors elle se porte à ce qui est pur, éternel, immortel, immuable; elle y reste attachée comme élant de même nature; ses égarements cessent, et, en relation avec des choses qui sont toujours les mêmes, elle est toujours la même et participe en quelque sorte de la nature de son objet *. Ainsi , dans l'intuition rationnelle , la manière d'être de l'âme est identique à la manière d'être de l'Idée qu'elle contemple; or, comme c'est sa perfection, c'est aussi sa nature. La nature de l'âme est donc d'être semblable à ce qui est divin, simple et indissoluble. Penser l'éternité, en définitive, c'est avoir l'éternité en soi.
Telles sont les trois preuves, tirées de la nature de la science, par lesquelles Platon complète la pensée de Pythagore. La loi universelle qui préside à la métamorphose des contraires prouve la durée indéfinie de l'âme, image mobile de l'immobile éternité. La réminiscence prouve la préexistence de l'âme ; enfin la pensée pure de toute considération de temps est la preuve d'une existence également indépendante, et nous transporte de la sphcro du temps dans celle de l'éternité.