‹ La philosophie de PlatonChapitre 155 sur 260 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LA l'HlLOSOPHIE DE PLATON

ni. — rilËlU'E l'LATflNICIENTIE PAU I/eSSBNCB KtME DE lA VIE.

Sîmifiios el Cébts, anciens uudileurs de Pylhogure, Irouvaicnt dans los doclriiies des pyliiagorîmens les plus l'éwMils «les motifs irobjeulions ù Socralfi. Ce dernier, Mjyaat qu'ils ne puraissaienl pas convainriis par ses arf^unierils. leur dit : « De quoi jiarleï-vniisT Ne vous parait-il point inîinqner quelque chose h dm preiivesî » Siramias lît Cèhhi. iiVisaient Wqiondre, craignant d'Clre ini[mrtnns et dt! lui faire des questions pénibles en celle dernière ticure. « Avec quelle peine, s'écria Socrale, ja persuailerai aux aulres liommcs que je ne prends point pour un tniillieur Tf^^tat où je me trouve, puisque je ne saurais viuis le [wrsuader fi voiis-mènie el qne vous me croyez de plus diflieile liuuieur en ce moment qu'auparavant! Vous me croyez donc bien inférieur auxcy^mcs pour ce qui regarde le pressenlinienl et In divination? Les cygnes, quand ils sentent qu'ils vont mourir, citanlent encore niieux ce jour-là qu'ils n'oni jamais fait, dans la joie qu'ils onl d'aller trouver le dieu (ju'ils servcnL >

Slmmias, enhardi, propose alors ses doutes. • Ne pourrait-on pas appliquer, Socraie, Ion nrpimcnl i\ la lyre elle-même et h ses cordes? rharniojue d'une lyre est quelque chose d'invisible, d'immatériel, de très beau, de divin ; lu lyre et les cordes sont des corps, de la raalière, des choses conqiosées, teireslres et de nature mortelle. Et après qu'on aurait mis en pièces la lyre ou rompu les corfes, quoiqu'un ne pourrait-il pas soutenir, pur des raisunnemenls semblables aux liens, qu'il faut nécessairement que cette harmonie subsiste et soit ■ imniorlelle '?>

Socrale fait plusieurs réponses à celle ubjoclion de Simmias : — D'abord, dit-il, l'harmonie Je la lyre n" existe

i. FhÉdon, cliap. xssvi.

l'immortalité

qu'après la lyre, tandis que l'âme préexiste à sa forme corporelle.

En second lieu, l'harmonie réside dans lés éléments qui la produisent ; elle ne diffère pas des choses dont elle est le rapport, et n'a aucune existence propre; tandis que l'âme sait et sent qu'elle a une existence à soi.

En troisième lieu, l'harmonie est susceptible de degrés, suivant qu'il y a plus ou moins d'accord dans les éléments dont elle résulte, et par là elle est essentiellement variable. Une âme, au contraire, n'est pas plus ou moins âme qu'une autre.

Quatrièmement, si l'âme, comme le croit Pythagore, est une harmonie, que sera la vertu? l'harmonie d'une harmonie ; chose impossible. Que sera le vice? une harmonie privée d'harmonie; chose plus impossible encore. C'est donc là une hypothèse insoutenable.

Enfin l'harmonie ne fait qu'obéir aux éléments qui l'engendrent; elle en est le résultat passif. L'âme commande au corps qui la sert, et même, par sa volonté, elle entre en guerre avec lui. Étrange harmonie que celle qui lutte contre les éléments dont elle est le rapport et agit comme ferait un être réel! Non, l'âme n'est point un résultat, une collection, un nombre abstrait; elle est une cause active et motrice, elle est un nombre vivant qui se meut lui-même et qui meut le corps pour lui imprimer sa 'orme. L'âme n'est pas l'harmonie de la lyre; elle est l'invisible musicien qui en tire des sons plus ou moins mélodieux et qui peut même, s'il lui plait, la briser.

Après Simmias, Cébès propose à son tour son objection'. En admettant, dit-il, que l'âme ait existé une ou plusieurs fois, et qu'elle soit autre chose qu'une harmonie, cela ne prouve pas encore qu'elle soit immortelle et qu'elle ne doive pas s'éteindre un jour après avoir animé

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