Voy. le mythe du Gorgias
LA PHILOSOrriIE DE PLATON
Ions les caprices de son ima^rinalioii. Tanli'it il nous Init parcourir les périodes circulaires du la grande année, m boni lie liiqucUe lout renminniiicu dans te im^nie ordre, de lu nit^mu manii^re, à des iiilervalles égaux, el ainsi à riiiiîni, jiendant l'éleriiilc; tanl/il il nous uiuulre lésâmes des méeliants soumises à des Iransformolious qui soûl des sujipliiTs, mais linissanl par reveuir à l'exislence el à la diguilé (le li^iir premier étal, ei; to rr^z itpitiTr.ç xcti àpï<7T7ic = çE(piî [Thn.^ 42); d'où l'on ])eut eoncluru que loules les ôrues retrouveront enlin leur pureté primitive et que le mal sera déliiiilivement vaincu par le Bien '.
Ce (jui domine tous ces mythes, c'est l'idée d'une Providence vi{,'ilante rendant à elutcun selon ses fnuvres, disposant toutes les parties de l'univers dans l'ordre le plus propre à la perfection de l'ensemble. Lorsque Platon aperçoit ainsi toutes choses dans l'universel, il ne voit plus partout que le triotiipbe complel de l'Idée intellifJîilde au sein du monde sen^ilde : le mal s'est évanoui dans le lûen, le non-élre dans l'être, la nialière dans la pensée, l'ombre daas la pure lumière; la Providence est absoute, « Dieu est innocent ».
Le mythe du Phédon, en particulier, nous montre les destinées de l'àme s' accomplissant dans les diverses régions de la terre, et la terre semble ici le symbole du monde entier. Selon que l'àme est plus ou moins pure, elle s'élève plus ou moins vers les régions supérieures où régne la « pureté 1 , c'esL-à-dire vers le monde des Idées. L'âme impure, au contraire, retombe dans la partie la plus bosse, dans le lorreul du la t généralion », que représentent symboliquement les lleuves sombres du Tartare aux ondes mêlées de pleura.
i. Phiedr., 'ÏM, n; -iiS, d. Craf., B*, 403, a. Pli.vd., S*, n, t07, 113. GoiY/.. 52fj, c. JIe/)ui., 303, c, 6US. I^ijl- ^1*» W3Û> '"f'iy, 81. Tim., 42, 90. PoL. 471.
l'immortalité 253
Après avoir enlendu le récit mylliologique de Socrale, Griton, voyant que l'heure fatale approche, lui demande : « Gomment t'ensevelirons-nous? »
— Comme il vous plaira, répond Socrate, si toutefois vous pouvez me saisir et que je ne vous échappe pas ; » et en même temps, nous regardant avec un sourire doux et calme : < Je ne saurais venir à bout, mes amis, de persuader à Griton que Socrate est celui qui s'entretient présentement avec vous et qui dispose toutes les parties de son discours ; il s'imagine toujours que je suis celui qu'il va voir mort tout à l'heure, et il me demande comment je veux être enseveli. Tout ce long discours que je viens de faire pour vous prouver que, dès que j'aurai bu le poison, je ne demeurerai plus avec vous, mais que je vous quitterai pour aller jouir de la félicité des bienheureux, tout ce que j'ai dit pour votre consolation et pour la mienne, est, à ce qu'il paraît, autant de perdu à son égard. Soyez donc mes cautions auprès de Griton, mais d'une manière toute contraire à celle dont il a voulu être ma caution après des juges ; car il a répondu pour moi que je ne m'en irais point. Répondez pour moi que je ne serai pas plus tôt mort que je m'en irai, afin que le pauvre Griton supporte plus facilement les choses, qu'en voyant brûler ou mettre en terre mon corps il ne gémisse pas sur moi comme si je souffrais de grands maux, et qu'il ne dise pas à mes funérailles qu'il expose Socrate, qu'il emporte Socrate, qu'il ensevelit Socrate ; car il faut que tu saches, mon cher Griton, que s'exprimer ainsi improprement n'est pas seulement inconvenant en soi, mais que c'est, en outre, une sorte de mal que l'on fait aux âmes. Il faut avoir plus de courage, et dire que tu enterres mon corps. Enterre-le, du reste, comme il te plaira et de la manière qui te paraîtra la plus conforme aux usages. >
Ainsi se trouve appliquée, dans celte admirable réponse, toute la doctrine de l'immortalité dont Socrate vient de faire l'exposition.
U nilLOSOPKIE DE PLATON
Les deruières paroles de SoiTole fiircnl. d'iiprés PInlon : « Nous devons un cotj â Esnilapc; n'oublie pas, GriloD, d'acquiller cetle deUe. • Pfiroles (jui seiulilenl une allusion symbolique à la morl, ceUe guërisoa de la vie.
N. B. — Nous n'avons pas po»è la qucslion de l'èsalérisiRC de Plalon; l'analyse qui pri^eède l'a surnsammenl résolue. A quoi bon supposer des doctrines secrèles, conlrairaa aux doclriaK^ écrites, quand celles-ci ont déjà tant de profondeur et d'unité? — l'iaton a dû avoir, sans nncun doute, un enseignement ors) plus explicite et plus scîentilique que ses Dialogues; luais est-ce une raison pour croire que cet cnseiHnement ait été Ofiposé aux Dialof;ue9t Nous avons nous-mi^mc parle de l'erolértsyne du Timie. mais nous n'eniendous par lii aucun myatère, La forme du Txmi'e est plus nllciîorique et plus pythagoriquo, parce que c'est un pjthatiorieitîn ijni parle; coiutne la forme du Parméniih cal plus ùlcatique, parce que le héros est Tarménide lui-t»Sme,' voilï touL