LE PRINCIPE DE LA MATIÈRE INDÉFINIE LES IONIENS HERACLITE
Comment les Ioniens occupent le premier degré de la dialectique. — Double aspect des fonctions matérielles : gèoération et nutrition. — I. Ecolk dynamiste de Milet. Heraclite.
— La génération sensible; le mouvement. Alternative des contraires; identité de l'être et du non-être dans le devenir.
— L'intelligence universelle; l'intelligence humaine. — Ce que Platon doit à Heraclite; idée de la génération et de son rapport au temps. — II. École mëcaniste d'Abdèhe. — La nutrition universelle. — Réduction de la matière, par la divisibilité, à une pluralité indéfinie dans Vespace. La matibre première du Timée, lieu de la génération.
Le point de départ de la théorie des Idées est la coDsidération du monde sensible; ce fut aussi le point de départ de la philosophie : l'histoire considérée dans un esprit platonicien est une dialectique vivante, qui reproduit dans la succession de ses périodes les progrès de la pensée philosophique.
Les Ioniens, aux yeux de Platon, demeurent comme enfermés dans la caverne des sens, et ne font que soupçonner la lumière de l'intelligence qui éclaire le monde
immaléricl. Ils cherclu-nt |)ui-iiii liv< iiliriiom('Ties $eiisil)]es cfu\ ijiii |iarais!4i'iil k's jilii» [tio|ii't's ;i lApliiiucr liiiiii les .'iiilres, Il'S |j1us Miiiibtiibles à des principes; or il est (.feux iiliènomèiies qui allirmil surlmil les regards à cause de leur iiu[ioi'tan(;e : la fféni'ratiou des f-lres animés et leur nutrilioti. des gruuds |)liéuumi;nes sont tous deux des niQuveineuls : l'un seiiiMc le (.lévclo]i|wiiipril ihnamique d'un (renne, l'autre semble une agrégation mécanique du parties. Entre les deux, lu pensée ries lonieas tiésile : on est le secret Jes ebosesî est-ce dans la génération ou dans lu nulritiouT Laquelle îles deux est le principe, laquelle est la euusèqueuee? Si toutes cliuses [laraissent pruvenir d'un germe, d'aulre pari le germe Ini-iuèine a besoin d'tUro nourri et de s'agréger les éléments qui le feront croître. Encore nne fois, est-ce la gènéralion iini produit la nnlrilion; ou, au contraire, est-ce la nutrition qui [iroduil la génération? La foi-ce évolutive est-elle le principe on la rèsullante du mécanisme des parties? Les Ioniens de Mile! donneni In [irt'éraiiicnee à la génération; ceux d'Abdére, el plus lard Anaxagoro el Arcliélaus, semblent avoir clé surloul frappés par le phénomène de la nnlrilion '.
1. Pour l'école de Milel, toutes choses s'e.fpliquenl par la dilatnlion ou la condensalion d'un germe primordial, d'une force expansivu el motrice qui engendre la diversité des choses. Des mncllcs cl obscures profondeurs de l'élémenl uuivei-sel, où dorment coufondus les contraires, sorl, par une expansion divine, le torrent de la gvnération. Mais ici encore il y avait plusieurs conceptions possibles du premier principe. Toul germe animé exige, pour son développement, l'eau, l'air et la chaleur.
l. L'idÈe du germe, propre aux MilËsiens, a été remarquée;' mais on n'a pas vu l'idée de la nulrilion dans l'aoLre école. Voy. Aristole, Mèlciphys., I, bI Traité tle l'tiiM'. Voy. surtout un remarquoDla pftssage de Flutarque, Plaeit. pli., I, 3.