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LE PRINCIPE DE LA MATIÉHE INDÉFINIE

De ces trois conditions, quelle est la plus primitive? Chacune, à son tour, est élevée au rang de cause première. L'élément générateur, avec le temps et le progrès dialectique de l'abstraction, se subtilise et se spiritualise de plus en plus. C'est l'eau, puis l'air, puis le feu. La notion de la matière visible ou génération se rapproche peu à peu de la notion de la matière invisible, pure et sans forme, dont Platon devait faire le réceptacle de la génération. Le caractère abstrait et mathématique de cette matière la fait appeler Yindéfini (xi dcmipov). Dès lors, comment expliquer le monde avec celte chose vide, stérile et comme morte? Ne faut-il pas, d'une manière ou d'une autre, y placer l'intelligence pour la féconder. A mesure que l'école de Milet devait approfondir l'idée de la matière pour la ramener de plus en plus à la simple virtualité, à mesure aussi devait se préciser la notion d'une intelligence active et motrice.

On attribue à Thaïes lui-même la conception vague d'une intelligence qui parcourt l'onde avec rapidité ' ; il considère l'âme comme un principe de mouvement, mais il ne la sépare point de l'élément humide *. Diogène, contemporain d'Heraclite et d'Anaxagore ', en a une idée plus nette. « L'âme est de l'air. L'air est à la fois le principe des corps et le plus subtil d'entre eux. De là vient que l'âme a la double puissance de connaître et de mouvoir. En tant que formée du corps le plus subtil, elle meut ; en tant que principe, elle connaît *. > L'air, principe de la vie universelle, est donc intelligent. < Comment, sans une pensée régulatrice, toutes choses auraientelles leur mesure, l'hiver et l'été, la nuit et le jour, la

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