‹ La philosophie de PlatonChapitre 166 sur 260 · Sext., VII · texte numérisé non relu

Sext., VII

mAni(« iilw (le imik'S Ips juilres qualités *. » HérarliUv !ili(Hilis«ai| (loiir iM're>!S!itri.'iiU'nt à lu inniiililé el à tu vaiiit*' de lu science liurriiiine, en lanl qn'hmnninp. Il ne semble pris avoir [nélenihi, comme sou (lisei|i]n Proingoras, que l'homme esl la mesure de toutes clioscs. Il croyait au con- Iraire qu'il faut « suivre la raison commune (IsesOat lû Juvw) •, que la sagesse est « la recherehe dn mode de dis- Iribulion du Tout ». — « Quand nous |Porliripons à la pensée du Tout, nous sommes dans le vrai; quand nous avons des opinions propres, nous ijommes dans le faux ', » Hêradile aspire donc déjà h l'universel; mais, camme il ne le rencontre nulle pari, il croit que jiour nous, en délinilive, chaque chose esl et n'eslpas, est bonne el n'est pas bonne '.

Ainsi, avec Heraclite, la philosophie ionienne sent son impuissance; d'abord enivrée d'elle-même dans son premier essor, elle commence à savoir qu'elle ne sail rien. Vohjectif, si ardemment cherché, se perd dans la niobililé universelle des choses; el le sujet pensant se met à douter de ses forces. Nos moyens de connaissance, mobiles comme leurs objets, s'enfuient el passent avec eux.

L'école dynamisle de Milct finit donc par détruire ellemême le principe matériel qu'elle avait placé à l'origine des choses, et elle y substitue peu à peu une vague divinité, Vintelligence, qu'elle ne sépare pas uetlemeul de l'univers. Tout est génération , disait-elle ; et elle esl forcée bienlfit d'ajouter ; toul meurt; car la génération et la mort s'appellent muluellement. A la vue de ce Ilot qui emporte les choses, Héraclile s'atlriste : en lui s'élève comme un soupir mélancolique vers un principe immuable, vaguement entrevu. Platon répomlra : — Tout passe, excepté l'objet de ma pensée ou l'Idée.

i. Théét., 180, sqq. Voy. t. I, p. 22.

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