Sexl. Emp-, Adv. Math.. Vil
;). Ariat., Met., III, 8, 1012, b; Topk., VIII, 155, b. AyaOlv xaV
Xa^ùU ilvm TûL'^TOVi xa03iT£p HpàxX^iTâ^ f>^fïtV.
LB PRINCIPE DE LA MATIÈRE INOiFINIE 263
n. L'école d'Abdère est profondément mécanisle. Qu'est-ce que la vie? une agrégation de particules par la nutrition; qu'est-ce que l'existence en général? une agrégation analogue, une sorte de nutrition universelle. Il ne naît rjen de nouveau, l'apparence seule change. Les mêmes éléments ont toujours existé en acte , ils se combinent seulement et s'assimilent de diverses manières. La génération n'existe donc pas ; le germe qui parait naître et se développer ne fait que se nourrir et s'accroître par une juxtaposition de parties '. Telle est la conception préparée parÂnaximandre, développée par Ânaxagore et ArchélaQs, poussée à l'extrême par Leucippe et Démocrite. Les Méeanistes, procédant par raisonnements abstraits et mathématiques, finissent par réduire, eux aussi, la ma« tière à une abstraction, comme les Ioniens de Milet. Ce n'est plus comme tout à l'heure la virtualité pure ; mais, divisée et subdivisée à l'infini dans le vide de l'espace, la matière prétendue actuelle semble fuir devant les sens, devant l'ima^nation, devant la raison, pour se confondre enfin avec le vide lui-même : elle redevient cette multiplicité indéfinie et insaisissable à laquelle la pensée d'Heraclite essayait en vain de se rattacher, et que Platon, dans le Timée, confondra avec l'espace '.
Aussi la doctrine mécaniste, si éloignée en apparence du spiritualisme, devait en provoquer la première apparition bien plus encore que la doctrine milésienne. Celleci, faisant procéder le monde d'un principe actif et vivant, accueillait sans trop d'embarras l'intelligence et la plaçait parmi les attributs de l'universel principe. Mais l'école mécaniste, enlevant la vie à la matière et la réduisant à des atomes ou à des homœoméries géométriques, ne pouvait admettre l'intelligence dans son système sans une