Parm., 132. - Voy. t. I, p. IGÛ
S. De an., I, u.
LE PRINCIPE DE L'INTELLIGENCE 271
entier. Rien ne lui échappe. Elle connaît ce qui est mélangé, ce qui est distingué, ce qui est séparé. De même elle meut et ordonne tout, ce qui devait être, ce qui a été, ce qui est, ce qui sera. Elle préside au cours du soleil et aux révolutions des astres, aux changements et aux combinaisons de l'air et de l'éther '. » Le point de vue physique ne disparait jamais entièrement dans Ânaxagore. Son Intelligence a encore une relation intime avec l'espace, dans lequel elle est comme répandue, enveloppant ainsi et pénétrant l'univers. C'est l'âme intelligente du monde, ce ne sera pas le principe suprême de Platon. Il ne faut pas cependant, sur le seul mot de XeicttiTaTov, prétendre avec Zeller ' et Grote ' que le Noûç d'Anaxagore n'a ni immatérialité ni personnalité. Ces deux critiques, rejetant l'opinion de Brucker *, de Tennemann ' et de Ritter °, vont jusqu'à dire que le Nous n'est pas Dieu ni même un dieu, mais la partie la plus subtile de la matière, qui n'est point une, mais multiple '', sorte de ferment qui imprime une impulsion au chaos '. C'est vraiment prendre trop au pied de la lettre cette expression vague de XeitTOTotrov, immédiatement suivie de xaÔapwTOTov. Dire que l'intelligence est simple, sans mélange, pure, essentiellement active et motrice, n'estce pas affirmer son immatérialité? Admettons même qu'elle soit répandue en quelque manière dans l'espace; n'y a-t-il pas, de nos jours encore, des disciples de Newton et de Clarke qui mettent l'espace en Dieu? Si l'on prend
i. Siraplic, In Phys. Arist.