Not one, but mullitudinous, Grote, ib
8. A fermenting principle, ib. — Cf. Marbach, lyhrbuch der Gesch. Phil., § 54, n» 2, p. 82. — Preller, Hist. phil., s. S3.
dans ce sens rigoureux toutes les expressions des philosophes anciens, on n'en trouvera pas un seul qui ne puisse être accusé de matérialiser Dieu, à commencer par Platon lui-même. N'est-ce pas aussi un paradoxe que de retrancher au Noû; tout caractère de personnalité 'î Ânaxagore dit qu'il a la connaissance du monde entier, qu'il connaît, meut et ordonne ce qui a été, ce qui est et ce qui sera. Sans doute cette idée de la personnalité divine est incomplète, car Ânaxagore ne parle pas de la conscience que Dieu aurait de lui-même. C'est un Dieu immanent par son action et sa pensée, quoique déjà transcendant par ses attributs de simplicité et de pureté; mais c'est un Dieu *.
Il y a plus : d'après Âristote et Simplicius, Ânaxagore aurait déjà admis que le but de l'intelligence est le bien * Mais il n'a certainement pas approfondi cette idée, toute naturelle en elle-même et presque inévitable; ce qui prédomine à ses yeux, c'est l'ordre, la symétrie et le beau, sans que l'élément moral du bien soit mis en relief. Aristote ' et Plutarque • croient aussi qu 'Anaxagore fit procéder de l'Intelligence tout ce qui est bien, et des autres choses tout ce qui est mal ; mais ils donnent à la pensée d'Anaxagore une précision qu'elle n'avait pas. Anaxagore ne semble pas avoir développé la notion qu'il avait : il est physicien avant tout. C'est ce qui devait lui attirer les vives critiques de Socrale, de Platon et d'Aristote luimême. Rappelons le passage du Phédon : c Combien je me trouvai déchu de mes espérances, dit Socrate, lorsque,
1. Ce paradoxe se retrouve dans Hegel, qui félicite Anaxagore de n'avoir pas séparé l'intelligence du monde, où elle n'est qu'une pensée se réalisant elle-même.
2. Sext. Emp., Adv. Malh., IX, 6. Tbv pièv voûv, 3; è(rci xetT* aÙTÔ eedç. Cicèr., Acad., IV, 37.
3. Simplic, In Phys. Arisl., Arist., De an., I, ii. Met., XII.
4. Met., I, VI. Dans ce cliapitre, Aristote s'efforce de rab:ilsscr Platon en faisant voir qu'il a répété ses devanciers.