et Os
LE PRINCIPE DE L'iNTELLiaENCB
continuant ma lecture, je trouvai un homme qui ne fait aucun usage de l'intelligence et qui, au lieu.de s'en servir pour expliquer l'ordonnance des choses, met à sa place l'air, l'éther et l'eau, et d'autres choses aussi absurdes. Il me parut agir comme un homme qui dirait : l'intelligence est le principe de toutes les actions de Socrate; et qui, ensuite, voulant rendre raison de chacune d'elles, dirait qu'aujourd'hui, par exemple, je suis assis sur mon lit parce que mon corps est composé d'os et de muscles disposés de telle ou telle manière, et qui négligerait de dire la véritable cause, qui est que je préfère la mort à une fuite honteuse '. » Anaxagore, dit à son tour Aristole, se sert de l'intelligence comme d'une machine pour la formation du monde ; et quand il est embarrassé d'expliquer pour quelle cause ceci ou cela est nécessaire, alors il produit l'intelligence sur la scène ; mais partout ailleurs, c'est à toute autre cause plutôt qu'à l'intelligence qu'il attribue la production des phénomènes '. » Il y a exagération dans ces critiques des anciens, et encore plus • dans celles des historiens modernes qui ne voient même pas un dieu dansV Intelligence d'Anaxagore '. — * Autre chose est la cause, autre chose la condition sans laquelle la cause ne serait pas cause. » — Sans doiite; mais les conditions méritent bien d'être étudiées, puisque sans elles la cause n'agirait pas. L'Intelligence divine a 'dû employer, pour parvenir à son but, des moyens nécessaires. Expliquer toutes choses en invoquant la volonté ou les intentions de Dieu, c'est d'abord se réfugier dans les hypothèses; de plus, c'est ne donner qu'une demiexplication : c'est indiquer la cause première et oublier