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PRINCIPE DBS NOMBRES INTERMÉDIAIRES

et de la pensée, ne sont possibles que par l'absolue réalité de la pensée et de l'être dans le Bien.

L'unité absolue du parfait et de l'imparfait ne peut se concevoir que dans un principe indéterminé, tandis que la relativité de l'imparfait à l'égard du parlait implique l'absolue détermination du premier principe.

Le pythagorisme ressemble donc à l'ionisme en ce qu'il fait tout sortir d'un germe primordial ; seulement, au lieu de prendre pour germe un élément matériel, il prend une chose intelligible, l'unité. Cette unité n'en est pas moins une puissance qui s'actualise, et les nombres eux-mêmes* ne sont que les puissances diverses de la force universelle. Les Idées, au contraire, sont ce qu'Aristote appellerait des actes el ce que Platon appelle des réalités (Srcv). Sans doute elles fondent la possibilité des choses; mais elles ne sont pas elles-mêmes de purs possibles, elles sont les formes parfaitement réelles de l'existence divine.

Les fréquentes analogies du platonisme et du pythagorisme recouvrent donc une différence profonde. Le platonisme, en absorbant le pythagorisme dans son sein, le transforme entièrement. II ne l'accepte que comme un point de vue inférieur, au-dessus duquel il faut nécessairement s'élever : c'est une région intennédiaire que le dialecticien traverse avant de parvenir à son véritable but. Les notions logiques et mathématiques, objet de la Sioîvoia, sont au-dessus des sensations ; mais elles sont elles-mêmes au-dessous des Idées et surtout de l'Idée suprême, qui est le Bien. Le pythagorisme, supérieur à l'ionisme, demeure donc inférieur à la doctrine de Platon.

CHAPITHE IV

LE PBINC!1>K DE L AMOUR UNIVERSEL — EMPÊDOCLE

Unité prirailife soua l'empire de l'amour. LeSpliérus. — Action de l'inimilié, productrice du multiple. — Hcloiir à l'aftiour el à runitë pur le Hcnlimeiil, par la petiacu et pat' l'action.

Les (ioclrines pyllingoriques, mêlées à celles des Éléales, se retrouvent sous une forme moins abslraili' dans Einpédocle. Ce dernier {vers 470) paraît avoir eu des rcialions avec les philosoiihes dispersés de la ligue pythagoricienne. U fil It; voyage il'Athénes. Ces écrits, n'étant ]ioint renfermés dans Fenceinte d'une aoeiélé seerète, furent connus assez rapidement dans cette ville. Le Phèdre de Plolon contient beaucoup d'allusions à Empédocle, et le Banquet reproduit sa théorie de l'amour dans la nature.

Celte unité primitive des PytliagoricieDS, essence du nombre el de l'harmonie, Empédocle la reuiplaee par un principe plus vivant, mais analogue : l'amour. Le monde qu'Enipédocle entreprend de construire prend son origine dans une période primitive, qui est l'empire aîwutu de l'uinour. Le caractère de celte période est l'unité : tous les éléments y sont confondus, tous les contraires identifiés. Un, uniforme, universel, liarnionieux el heureux, le dieu sphérique ou Sphérus repose inunobile en lui-même sans dîstincliou de parties, sans division, sans pluralité actuelle, comme l'un-mnlliple, comme le pair-impair des

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