‹ La philosophie de PlatonChapitre 200 sur 260 · LE PRINCIPE DE L AMOUR UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE DE L AMOUR UNIVERSEL

Pythagoriciens '. Ce dieu est dominé par le souverain de la félicité et de l'innocence, l'Amour, avec lequel il ne fait qu'un. Mais, au temps prescrit par la Nécessité, l'action de l'Inimitié commence, pénétrant par degrés à l'intérieur du Sphérus, < agitant les membres du dieu l'un après l'autre ' » , séparant les diverses parties, introduisant dans les choses la différence et la multiplicité. « S'il n'y avait pas d'inimitié dans les choses, tout serait un '. » Tout vient donc de f Inimitié, excepté Dieu, qui est l'Amour. — On reconnaît le germe primitif des Pythagoriciens, unité confuse dans laquelle cependant existe en puissance la diversité, le nombre. Le Cosmos est produit par la mise en lutte des choses : de là dérive son mouvement ; quant aux lois ordonnées et constantes de ce mouvement, elles sont la part de l'amour dans les choses. Au règne de l'absolue unité, dans laquelle domine l'amour, mais qui contient en germe la discorde, succède donc le règne de la multiplicité, dans laquelle l'amour et la discorde se posent comme contraires et se disputent l'empire. Alors apparaissent les quatre éléments (feu, terre, eau, élher), qu'Empédocle réduit ensuite à deux : le feu, correspondant à l'amour, et les choses terrestres, correspondant à la discorde. Le monde n'est qu'un mécanisme par lequel apparaît ce qui était d'abord caché et enveloppé : rien ne naît, rien ne meurt. C'est une conception analogue à celle d'Anaxagore, mais dans laquelle l'acte de la pensée parcourant le monde est un mélange d'amour et de discorde.

A l'amour correspond en nous la raison ; à la discorde, les sens. Notre connaissance est nécessairement imparfaite, à cause de l'inimitié qui s'y mêle. Elle peut, il est vrai, connaître tous les éléments du Tout, les semblables par

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