‹ La philosophie de PlatonChapitre 20 sur 260 · Imù, II, <>6S, a; liép., X, S9S · texte numérisé non relu

Imù, II, <>6S, a; liép., X, S9S

«. Loti, II, 669.

THÉORIE DK L'ABT 27

déplorant son sort dans un long discours, poussant des cris et se frappant la poitrine, tu sais que nous ressentons alors un plaisir secret auquel nous nous laissons aller insensiblement, et qu'à la compassion pour le héros qui nous intéresse se joint l'admiration pour le talent du poète qui nous met en quelque sorte dans le même état que le héros... La poésie imitative produit en nous le même effet pour l'amour, la colère et toutes les passions de l'âme, agréables ou pénibles, dont nous avons reconnu que nous sommes sans cesse obsédés. Elle nourrit et arrose en nous ces passions, elle les rend maîtresses de notre ftme, quand il faudrait au contraire les laisser périr faute d'aliments et nous en rendre maîtres nous-mêmes, si nous voulons devenir heureux et vertueux, et non pas méchants et misérables '. » Les stoïciens ne proscriront pas avec plus d'énei^e les passions même généreuses, comme la pitié. La conséquence de cette doctrine est la suppression de l'épopée et de la tragédie, genres pathétiques, ainsi que de la comédie, dont les bouffonneries sont indignes d'un homme de bien '.

Cependant, dans les Lois, la comédie trouve grâce devant Platon. < On ne peut bien connaître le sérieux, dit-il, si l'on ne connaît le ridicule, ni en général les contraires, si l'on ne connaît leurs contraires, et cette compar raison sert à former le jugement *. » Platon ne s'aperçoit pas que ce principe, s'il est valable pour la comédie, l'est également pour la tragédie ; il proscrit toute représentation des passions et surtout des vices, et veut que tout héros dioisi par un poète offre l'image de la perfection. Avec des conditions semblables, il n'y a plus de drame ni d'épopée, et la conclusion est qu' c il ne faut admettre dans la république d'autres ouvrages de poésie que les

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