‹ La philosophie de PlatonChapitre 208 sur 260 · LE PRINCIPE DE L'UNITÉ · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE DE L'UNITÉ

de se mettre d'accord avec les faits, et, en admettant l'unité par la raison, d'admettre aussi la pluralité par les sens, Parménide en revint à poser deux principes et deux causes : le chaud, qu'il rapporte à l'être; et le froid, qu'il rapporte au nôn-être *. » Il n'en faudrait pas conclure, avec Philopoiius ', que Parménide faisait seulement unt distinction entre la raison et les sens, mais admettait la certitude sensible. La vérité est qu'il distinguait l'apparence multiple de la réalité une, sans accorder à la première aucune valeur métaphysique. La vue du multiple, du mal, de l'imparfait, du' non-être, est, d'après lui, une illusion que la raison redresse. Platon comprendra que, fût-ce une illusion, il doit exister quelque principe qui l'explique, puisque, d'après les Éléates euxmêmes, on ne pense pas ce qui n'est absolument pas. Parménide aboutit donc à poser lui-môme le non-être sous le nom d'opinion, d'illusion, d'erreur sensible. Donc il faut en revenir toujours à quelque principe de non-être.

On voit maintenant tout ce que Platon doit à Parme* nide. Il est d'accord avec lui pour affirmer : i

i' La nécessité d'un être absolument un et immuable, qui soit l'Être pur, parfait, déterminé en soi, éternellement réel ;

2° L'identité absolue de l'être et de la pensée dans cette unité suprême.

Mais Platon fait voir que le principe de Parménide est insuffisant. En effet, bien que Parménide pose au début l'être déterrhiné en soi, il aboutit logiquement à l'indétermination absolue et définitive du premier principe pour l'iatelligence humaine et il se condamne à répéter sans cesse cette formule stérile : l'être est, ou l'un-un. Il ne lui est même pas permis de dire que l'être est un, ou alors il

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