CHAPITRE VI
LA SOPHISTIQUE — LE PRINCIPE DU NON-ÊTRE ET LA MÉTHODE DE DOUBLE NÉGATION
I. Protagoras. Vrai sens de sa doctrine. L'universelle relati- Tité. — II. GoBoiAS. Ses thèses sur le non-être; leur vrai sens. — Ce que Platon emprunte aux sophistes.
Concilier toutes les doctrines dans le vrai fut l'objet du platonisme ; les concilier toutes dans le faux fut trop souvent l'objet de la sophistique. L'esprit du sophiste est très compréhensif : il admet toutes les opinions, parce qu'au fond il n'en admet aucune. Tandis que le wai philosophe, selon Platon, voit tout à la lumière de l'être, le sophiste fait tout rentrer dans la nuit du non-étre '.
I. Protagoras tire du sensualisme ionien les conséquences qu'il renferme. D avait composé un livre sur la Vérité '. C'est sans doute dans ce livre qu'il développait sa maxime favorite : i L'homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont, pour la manière dont elles sont, de celles qui ne sont pas, pour la manière dont elles ne sont pas. 1 Maxime qui lui est attribuée non seulement par Platon, mais parArislote, par Sextus Empiricus et par
t. Soph., 1. 1.