‹ La philosophie de PlatonChapitre 215 sur 260 · Meno · texte numérisé non relu

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sieurs clioses m'inliTiltsonl pellp (;»inniii>isnnre : IVphsciirilé riii sujet et la îiru'vt'lt^ de la vie. • Givile ernil qvi'il s'agit seiilemenl ici des dieux du paganisme; muis nVsl-d pas vraisemblable, d'après Lnut ce qui précède, que le douté de Prolagoras s'étendait jusqu'à l'emteace d'un Dieu quelconque, et qu'il croyait le pour et le c^jntre éfi^alemenl démontra Jiles sur ce point?

Nous accordons volontiers h Hegel que la doelrine de Prot'iporas sur la relativitt' fut un moment utile dons l'histoire de la philosophie, — utile surtout pour provoquer la réuelion de SoiTfite. Ce dernier, lui aussi, se placera d'abord iiu point de vue sul»jr!Ctif, comme au centre de toute ùjunaissanee, cl éludiera les lois de la pensée. Lui aussi, il mmiMiera In ptiilo^ophie dos objets extérieurs au sujet et y chereheni In mesure des choses ; mais celle mesure, pour lui et pour Platon, ne sera point la sensation ou l'opinion individuelle ; ce sera la raison universelle.

H. En mt^me temps que Protagoras poussait à ses e.ïtW^mes conséquences le sensualisme ionien, Gorgias déduisait des conclusions analogues de l'idéalisme italique, Aristote, ou l'auteur que! qu'il soit du Traité sur JCiHinpitane , Zfinon et Gorgias^ nous a[qu'ûnd (jue ce dernier faisait usage des |)reuves de Zenon et de Mélissus pour démontrer que l'être n'est pas. Cette thèse ne pouvait manquer de plaire à Hegel, qui y voit son ])rinci[ie favori de rideolilê des contraires. Gorgias avait raison, selon lui, de monlrisr que l'être pur et indclenniué est identique au non-étrcL Gomme Hegel, Grote erail qu'il s'agit de l'fllre ultra-phénoroénal» du noumène Ininscendant, tel que le concevait Parménide; el il approuve Gorgias d'avoir dit que l'absolu n'est pas, ou que, s'il est, il ne pcul èti'e connu, ou que, s'il peut être connu, il ne

LE PRINCIPE DU NON-ÊTRE

peut être exprimé. — Assurément, il ne faut pas juger la thèse de Gorgias indépendamment des principes élèatiques dont elle dérive; il faut, pour la comprendre, la replacer dans son véritable milieu. Mais, Gorgias se fût-il borné à la négation de l'être absolu, cela suffirait pour montrer qu'il aboutissait aux mêmes conséquences que Protagoras : s'il n'y a rien d'absolu dans la science, dans la morale, dans la politique, il faut en conclure que toutes les discussions roulent sur des apparences relatives. Le plus sage est celui qui connaît le mieux l'art de produire ces apparences au moyen de la rhétorique. » On peut présumer à bon droit, dit Grote, que Gorgias insista sur ces doctrines dans le dessein de détourner ses disciples de spéculations qu'il considérait comme ingrates et sans fruit ' ; »

Mais est-il vrai que Gorgias voulût simplement détruire l'existence trancendante, et que sa négation fût bornée à l'être pur de Parménide? Examinons son argumentation.

Rien n'existe, dit-il (oùx sTvat oùSt'v) ; si quelque chose existe, ce quelque chose ne peut être connu; s'il existe et est connu, il ne peut être montré aux autres '. — Gorgias ne semble faire ici aucune distinction entre les diverses existences.

i'° Thèse : Rien n'est. — « Si quelque chose était, ce serait ou l'être, ou le non-être, ou bien encore l'être et le non-être tout à la fois. » — On sait que les anciens considéraient Ja génération sensible, le devenir matériel, comme un mélange d'être et de non-être ; c'est du moins la thèse de Platon, qui n'a sans doute pas eu le premier cette idée. Or, remarquons-le, Gorgias va nous prouver que le mélange de l'être et du non-être n'a pas plus de réaUté que tout le reste. Il veut évidemment

. .1. Hiit. grecque, trad. franc., Xll, 194.

2. Oùx elvai ç/jff'tv, e! 6' ëartv, où fvutatov elvai, EÎ Se xoi èort xoi Y^tûo-TÔv, ôXX' où SïjXwtôv iXXoïç. Arist., De Xen., 5. Sexl. Emp., Atlv. Math., VUI, 65.

318 LA PHILOSOPHIE DS PLvrON

réunir ddiis son linuinéraLion (mîtes tes formes possîblesl d'existencl^, loul ce qu'on ]ieijl concevoir et L-xprinaer, même le non-ètre. S'il nvaît considéré le momie sensible comme ne rentrant pas dniisk's trois p-oiipes précédenls, il l'eût désigné ji part. Son litit est donede démontrer que ritrn (oiSt'v) n'exisly, ni l'être, ni le non-i''tre, ni les deux ensemble; ni l'être de Parniènide, nile néant ni le devenir d'Heraclite.

1° Le non-ètre, continue Gorgias, ne peut pas èlrc, car il est opposé à l'élre; si donc celui-ei est, le non-èlre n'est pas. — C'est ce qne soutenait Pamiénide : i èlt-e est. le non-être n'est pas : jamais tune sortiras de celte peiixce. Mais, si Gorgias admet que le non-être n'est pas, il n'admet |»oinl que l'être soit.

â" lin effet, l'êlre Jie [leul exister; car il n'a pu être fait, comme le dit Farinénide, ni ne pas être fuit. De plus, il ne peut être ni un ni multiple, ni les deux choses en mrnie temps. Pour le démontrer, Gorgias se souvint particulièrement des doctrines de Mélissus et de Zénoii sur l'intini, l'espace et le mouvement, et aussi, parait-il, des doctrines alomistes sur la divisibilité des corps '. Celle partie de la démonsli'utîon rappelle une des llièses du Parniènide, où Platon démontre que l'être n'est ni un ni multiple, ni tous les deux; ni engendré ni non engeodré, ni tous tes deux, ele. Mais Platon veut aboutir à démontrer qu'il y a en toutes choses un mélange d'être et de non-être, d'abord dans la génération, puis dan-i les M?es mêmes, tant qu'on n'est pas remonté au Bien absolu ; encore y a-l-il dans le Bien même une sorte du non-être relatif qui fonde la possibilité du multiple. Gorgias, au conlraire, démontre que la coexistence do l'être et du même est absolument impossible.

3° Ce qui est ne peut pas être en même temps être et non-être. * Car, si le non-ètre est et que l'être soit aussi, le

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