‹ La philosophie de PlatonChapitre 22 sur 260 · Phâdre, C, l'.S · texte numérisé non relu

Phâdre, C, l'.S

THIiOniE DE L'ART

qui lui esl indispnnsahfp. • Piiis([iiR la lorlti du discours esl d'eiili'iiiiiei' les fîmes, Rfiliii qui vcul devenir oriileur ilùil savuir combien il y il d'esiièces d'àmos el les ijualilés jtai" ItîsquRlles hHcs Jiffèrcnt les unes des autres'. » L'oraleur ddil approprier ses paroles ou earaclère de l'auditeur, el pour cela il fanl qu'il ail une ctinooissance profonde du cœur humain.

Le pnrfail orateur est donc surtout et avant tout iin savant, un philosophe, un dialecticien, un psyuholof^ue.

Mais il doit aussi Être artiste : il faut mt*me qu'il ait reeu de la nature un certain talent de la parole, ai<ju ^Tjto- Etxw sTvai. Ce talent, Platon ne l'analyse point : c'est pour lui l'analogue de l'insplralion poétique. Or on sait qu'il explique les diverses sortes d'inspiration par la puissance de l'amour. C'est l'amour du beau qui fait les grands [I tétos; c'est l'amour du vrai qui fait les philosophes; c'est l'amour du vrai et du beau qui fera les grands orateurs. L'art et la philosophie se réconcilient dans l'éloquence.

La rhélorique digne de ce nom soutient donc le vrai au moyen du /tenu, el ajoutons, pour iïtre complet : en vue du fiien. L'orateur véritable ne recherche pas la puissance, les richesses, les honneurs, l'impunité, pour lui ou pour les autres; il n'aspire qu'à rendre les hommes justes, el pnr là mf^me heureux '.

Les grandes Idées du bien, du beau et du vrai, dominent donc la rhétorique comme elles dominent tous les autres arls. L'esthétique de Platon découle de sa métaphysique; elle en a la grandeur, elle en a les imperfections. Dans l'art comme dans la science Platon amoindrit le plus qu'il peut les réalités particulières, le mouvement, lu vie individuelle, et il augmente de plus en plus la part de l'universel, de l'unité immuable, de l'Idée.

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