L'École de Mégare
L'ÉCOLE DE MÉOARE
I. La Mclliode mégarique était la dialectique ; les partisans de cette école l'employèrent même avec assez de succès pour être appelés les dialecticiens (oî SiaXexTixo't). Mais en quoi consistait cette dialectique? — D'après Henné, ce serait une méthode de généralisation comparative analogue à l'induction socratique, quoique aboutissant à l'Unité des Ëléates- — Sans doute Euclide est un socratique en même temps qu'un éléate; mais ce qui domine dans son système et ce qui devait dominer aussi dans sa méthode, c'est l'influence de Parménide et de Zenon : l'antiquité tout entière regarde l'école de Mégare comme la continuation de celle d'Ëlée; il est donc plus probable que la dialectique mégarienne était la méthode négative de Zenon combinée avec la méthode spéculative de Parménide. « Euclide, dit Diogène, attaquait les raisonnements par leurs conclusions et non par leurs principes ' » ; il employait donc la méthode de réduction à l'absurde, familière à Zenon, méthode toute négative et particulièrement propre à la réfutation et à l'érislique. On sait avec quelle rapidité cette méthode dégénéra en subtilités et en sophismes. Elle ne rappelle pas autant que le croit Henné l'induction socratique '.
Quant à la définition, à laquelle Socrate attachait tant d'importance, Riller prétend qlie les Mégariques la rejetaient; Henné, au contraire, qu'ils en faisaient le fondement de leur système '. Ce qui est certain, c'est qu'Euclide rejetait l'opinion d'Antislhènes qu'on peut suppléer à la définition par une explication analogique. € De deux choses l'une, disait-il : ou les termes comparés sont semblables, ou ils ne le sont pas ; s'ils le sont, il vaut mieux s'occuper de la chose elle-même que de sa ressemblance; s'ils ne le sont pas, la comparaison est