Met., IX
2. Zeller croit que cette identification du Bien avec l'Unité est une doctrine de la vieillesse de Platon, par laquelle il se serait écarté de sa propre théorie des Idées. Grote voit dans cette identification un rapprochement de choses inconciliables, par lequel Platon se contredit lui-même. Que d'étonnemenls pour une chose aussi simple! Dire que la perfection est une, qu'il n'y a qu'un Oieu parfait, qu'un Être digne de ce nom et dont tout dérive, principe un et principe boa tout ensemble, c'est là cette doctrine qui «"••t>i« gi étrange k Grote et qui
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etit de savoir ce qui existe l'ii Jehors <lii Bien et de l'IInlie. Or à celle queslitm KucUdc R'jumd <iu'il u'exiite (ibsitluoicnt rien, (turct.'. i|u'il n'y a fiiicmi luilieu eutrc ces deux choses ; éli't' ou n'être pas. Doin' la DolioQ de la imissancc, de la possiltililé, est contnidicluire : pourquoi aj)[)Cler [lossihle ee qui est, et commcot appeler possible ce qui n'est pas? Le muuvenicnl et la génération, qui seraieal un demi-ètic et un demi-uon-èlre, sont absurdes. L'oppQsé du Bien ou de l'Un n'existe pas.
Plalun, iiu contraire, admet que la génération existe sous un rajqiort, et sous l'autre n'existe pas; que l'fttre et lu noii-èlre, Itiiu de s'exclure, se supposent muluellenienl; que l'uelufl, loin de supprimer le possible, en est au contraire le fundemcnl unique. — Cette doctrine esl soutenue dans le Sophiste. Or le Soplmte est la suite (lu 'fkàélètc. Dans ce dernier dialogue, Platon a donné le beau rûle à Euclidc, il a fait voir que la vraie seience el la vraie existence n'appartiennent ni à la scnsolioa ni à la génération ; mois est-ce un molit pour retirer toute existence au monde sensible et toute vérité à la sensalioaî Parniènide et Euclidc ont-ils raison en toutes choses? — Non certes, et le Sophiste a pour but de le montrer. Ce dialogue réfute les excès de la doctrine éléalique et de la doctrine mégarlque, en prouvant l'existence du non-être, et par conséquent du mouvemetU, de lu puissance. Après les partisans du mouvement universel, Platon devait réfuter tes partisans du repos universel : Euclide aura sa part dans le Sophiste.
On se rajijK'lle qu'après avoir exposé la doctrine de la pure unité, l'étranger éléate fait cette objection à Parménide : « Vous dites iju'il n'y a qu'un seul être... Mais
Itii pnrait aLjscnle de ta majeuru partie dus Dialogues! Elle est au coDlmira d.ins presque Louis les Dialogues, al, loin de dt"lr'iiîr« la théorie des lilèea, eUb la coaruniie par l'iiiée du Bien {RÉp., VI et VU). V-iy. Grote, Ptato, t. 111, Eukleiden. — Cf. Zcller, Gescfi. d. G. P.
l'école de hëgare
quoi, ce que vous appelez être, n'est-ce pas quelque chose? et ce quelque chose, n'est-ce pas ce que vous appelez aussi un, donnant deux noms à une même chose?. . . Or accorder qu'il y ait deux noms quand on n'établit qu'une seule chose, ce serait assez ridicule. D ne serait môme pas raisonnable de reconnaître qu'il y eût aucun nom. Car admettre le nom comme autre que la chose, c'est admettre deux choses. » Si, au contraire, on établit que le nom ne fait qu'un avec la chose, alors, ou le nom n'est nom de rien, ou il est le nom d'un nom, et d'autre part l'unité de l'unité n'est que l'unité d'un nom '. — Platon fait ici allusion aux Mégariques, soit qu'il les réfute, soit qu'il leur emprunte au contraire un argument. Ou bien les Mégariques avaient admis l'unité absolue des choses avec une pluralité simplement nominale, et alors c'est à eux, en même temps qu'à Parménide, que s'adresse l'objection de Platon. Ou bien, au contraire, la pluralité des noms impliquait pour les Mégariques une certaine pluralité idéale et relative résidant au sein même de l'unité absolue, et alors Platon leur emprunte leur argument pour réfuter Parménide. Mais, de ces deux hypothèses, quelle est la vraie? La suite du Sophiste prouve que c'est la seconde. Platon, en effet, met en scène certains partisans d'une pluralité idéale et immobile, qui niaient la vérité de la génération et du mouvement. II divise en deux classes les partisans de l'immobilité universelle : ceux qui la placent dans l'Unité pure, et ceux qui la placent dans l'Unité multiple. L'Unité pure est celle de Parménide; l'Unité multiple, mais immobile, stérile, sans vie et sans pensée, n'est pas celle de Platon, car Platon en réfute les partisans. Il est donc probable qu'il veut parler des Mégariques.
Ceux-ci, admettant la pluralité des noms de l'Unilé, devaient admettre une certaine pluralité dans l'Unité