ORIGINALITÉ DE PLATON
qu'en dernière analyse l'Idée t^xplitiue toutes choses : on pourrait presque l'appeler la malière première du nioiide en m^mu temps que sa cause. L'Inlelligiblf: pénétre partout, et avec rinlelligililerinlclligence. et aveu l'Intelligence l'Ame : tout a ainsi son principe, sa lin ei son essence dans le Bien.
Note sur les oniGiNSs oriektales du putomshe.
Il en est de celle question comme de ï'éxotérisme; nons l'avons résolue par noire histoire des initiicèdents helléniques du platonisme . A quoi bon chercher des explications lointaines, quand l'explication est déjà si facile et si complète sans sortir de la Grèceî
On accuse Platon d'avoir emprunté à la Bible la Trinité, les Idées, le Verbe, etc. Il y a une réponse à nos yeux décisive. Pour que Platon eût emprunté la Trinité à In Bible, il faudrait deux choses : 1° que la Trinité fût exphcitement dans Platon, 2" qu'elle fût dans l'Ancien Testament. Or la doctrine de la Trinité est très vague dans Platon, et tellement vague dans l'Ancien Testament qu'il tant beaucoup d'efTorts pour l'y retrouver. Les Pères avouent eux-mêmes que la Trinité n'est point explicitement enseignée dans l'ancienne Loi. Platon aurait eu une pénétration étrange s'il avait aperçu dans la Bible ce que nous avons grand'peine nous-mêmes à y retrouver.
Quant aux Idées, elles ne sont pas dans la Bible, et Platon ne peut les y avoir vues. Lp Aoyoï n'est exjilicitcracnt indiqué que dans le hvre de VEcclésia^te; la Sagesse divine est décrite dans un livre postérieur au stoïcisme, le livre de la Sagesse. Qu'est-ce donc que Platun aurait emprunté à la Bibleï — La seule chose qui pourrait paraître hébraïque est la définition de Dieu par Vèlre dans le Timée. Mais cette défînitioa est déjà dans Parmcnide très explicitemeat.
340 LA PHIU)!inPUlB DIS PLATON
Les lhêolii){i<.'iis les plus éclairés abaudoancDt aujourd'iiui 1» thosi' ilrs('S]iéri'i} des utnpriiuts du l'iulon l'i la Hilile. (V. la rcfutalinn do cnlte llicsc dans les lùudes iur saint Juttin et Clément tf Alexandrie, par l'aLIié tM-oppel.)
Les emprunts des Grecs à la Bible ne sont guère plus vraisonililables que les jjcécepteurs grecs de Moïse. Si Pltiton avait pris quelque chose aux Juifs, il aurait protiublfnienl parlé d'eus dans ses Dialogues. Loin de nier leurs dettes, les Grecs sont portés à en fixagércr l'importanee. D'ailleurs, pour emprunter quelque diose aux Juifs, il aurait fallu les connailre, el avant Alexandre les Grecs n'eu savaicul pas même le nom. Plus tard, sous l'empire romain, quand les Juifs étaienl déjà répandus dans loul rOccidenl, Justin et Plutarque racontent leur histoire ou ap[jrëeient leur religion de uianièi'e à montrer qu'ils n'avaient nullement lu la Bible, ce qui n'eùl pas été difficile de leui- temps.