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CHAPITRE PREMIER

LA LIBERTE MORàLE DANS PLATON THÉORIE DE LA VOLOIVTË

1 La ïolonlé consiilêrée. dans sa tendana- à m fin, L'Iitée ilu Bien, essence de lu volonlé. — IL La volonU: coiisidérëe dan» le ehoU- dei moyens. Lé littrc artiilrc cal-il dans l'ialoiiï Crilèrititn Fourni par Arialole pour distinuuer In diiclrine propre à Plalnn de la ilnctrine purument socpnli'pte. La acwnce du Bien et X'opinion du Bien. Celui qui a la science dn Bien clioiait toujours le Bien; cfilui (|iii n'en a que l'opinion le choisi l-il toujours î — Telles d'Aristote. ~ Ht. Teites de Clatnn; leur sens véritable. Comment Halon finit par mitiKcr la doctrine socratique; l'ominent sa doctrine propre SB dessine de plus en plus depuis le Kùrjia* jusqu'au rlisièuie livre des Lois. — IV. Les Lois. Explication de passages mal compris. Ce que l'ialnn enleiid par dammaKO Toloiiliiire et involoataire. Comment sa théorie de la pénalité so concilie avec -sa théorie de la liherlé. — Conclusion : toute-puissance de l'Idée du Biea, quand elle eït connue scientifiquement.

On reconnaît Jons le ftujjnîs de Plalon un princi{« analogue à la volonté Jans le seus le plut? général Jl- ce mol '.

1. Platon entend par flujitri; toute ^éne^^tie de l'âme, toutes ses tendances a. l'action et à la réalisation du l)ien que l'intelligence (Conçoit. L*éner^ie ne peut se confondre avec l'appétit. Ëille lui livre combat comme à un ennemi toujours retlou^ table. Cesl là ton rôle. Ubs qu'il s'élËve quelque sédition dans l'âme, l'énergie prend les armef en f&veur de la raison [Rép., 440, e).

LA. LIBERTÉ MOBALE DANS PLATON

La volnnlo. d'oprès Pliitim, est fa tcndaiifi? nain relie de râiiii? vers le hica ennçu par la raison. Tniile aclivile, toul mouvement a nécessairement une fin '. Mais il faut distinguer la fin relative de la fin absolue '. Les fins relatives sont des moyens et non des fins véritables.

On peut donc étudier la volonté par rapport à la fin qu'elle poursuit et par rapport aux moyens qu'elle préfère.

L Vouloir, dans le sens propre du mot, n'est pas la inf me cliose que fab'e ce qu'on juge à propos.

» Penses-tu que les hommes veulent les actions mômes qu'ils font habituellement, ou la chose en vue de laquelle ils font ces actions î Par exemple, ceux qui prennent une potion de la main des médecins veulent- ils, à ton avis, ce qu'ils font, c'esl-à-dire avaler une potion et ressentir de la douleur? ou bien veulent-ils la santé, en vue de laquelle ils prennent la médecine? — Il est évident qu'ils veulent la santé... — Quiconque fait une chuae en vue dune autre ne veut point la chose mê/ne

Mais, parce que l'énergie se rttnf;e ordioaircmenl du cMÈ de l'inlcl]i),'eace, faul-U conclurti qu'elle ne s'ea distini^ue pasf — Nullomùnt, l,es enfants, dès leur bas (Ifte, sont pleins d'ardeur et it'énergte; ils sont dépuurvus de raison. Les animaux ne rai^ionuent jamais, ce qvii ne les empèctie pas de se porter sans cesse à l'aclion. Quand HomËre nous dit, eu parlant d'ini de se» llàros : Frappant sa poitrine, il gourmanda ainsi son cœur, n'est-i! pas évjdonl qu'il rcpréseole comme deux choses distiactes la raison qui clêlibËre sur le bien et le mai, et l'énergie qui s'emporte aveuglément?

L'énergie, en etTet, est aveugle de sa nature et a besoin d'être sans ceise guidée par la raison. Elle devient alors le principe de toules les actions et de toutes les émotions généreuses. C'est une sorte d'amour actir qui a le plus souvent te ttjun punr objet. L'énerf^ic ressemble beaucoup, par sa position moyenne entre l'appétit et lu raison, à ces «génies inlermédiairts» qui établissent la u communication entre Dieu et les bominee ■>, et doot l'Amour est le principal.

1, Voy, le Philèbe, toc, cit.

S. l.ysis, loc. lit., 2ig, d.

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qu'il fait, maù celle en vue de laquelle il la fait *. > Toute chose est bonne, mauvaise, ou indifférente. Marcher, courir, s'asseoir, naviguer : roilà des choses indifférentes en elles-mêmes; si nous les faisons, c'est en vue de quelque bien. < C'ett donc toujoun le bit» qu$ nous pounuiuam; lorsque nous marchons, c'est dans la pensée que cela nous sera meilleur ; et c'est encore en vue du bien que nous nous arrêtons lorsque nous nous arrêtons... Et soit qu'pn mette quelqu'un à mort, qu'on le bannisse, qu'on lui ravisse ses biens, ne se porte-t-on point à ces actions dans la persuasion que o'est ee qu'il y a de mieux à faire? > Donc, en définitive, < on veut lei ehoeea qui sont bonnes, et celles qui ne sont ni bonnes ni mauvaises, ou tout à fait mauvaises, on ne les veut pas * >.

La volonté n'est done nullement libre ni ambiguë par rapport à la fin dernière qu'elle poursuit.

Il y a nécessité absolue dans la raison qui conçoit l'Idée du bien ; il y a nécessité absolue dans le mouvement de l'amour qui se porte vers le bien, attiré par sa beauté. Cette connaissance et ce désir forment le fond même de l'âme ; c'est là sa nature essentielle, et elle agirait toujours conformément à cette nature, si l'Appétit, ee i coursier rebelle > , ne résistait aux ordres de la Raison et aux efforts généreux de la Volonté. C'est ainsi que Platon découvre dans toute activité personnelle un élément général, nécessaire et immuable, sans lequel aucun acte particulier ne serait possible ; et cet élément, o'est toujours l'Idée. L'Idée communique sa généralité i la Raison, qui lui est analogue; la Raison, à son tour, communique à la Volonté une tendance générale ; on peut dooo dire que l'essence de la Raison et de la Volonté, c'est l'Idée du bien. Supprimez cette essence universelle, et vous rendret impossible toute action particulière.

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