II
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le moindre (i^iv xi jXârcov) '?... Jamais personne ne se portera vers ce qu'il regarde comme un mal, ni ne le choisira volontairement (Xafx6dtvfiv cxovra)... Lorsque les lâches refusent d'aller à ce qui est le plus beau , meilleur et plus agréable, le connaissent-ils pour tel?... Lorsqu'ils sont hardis en des choses honteuses et mauvaises, est-ce par un autre principe que par le défaut de connaissance et l'ignorance? — Non... — La lâcheté est donc l'ignorance des objets qui sont à craindre et de ceux qui ne le sont pas *. > Nous retrouvons là non pas seulement, comme on l'a ))rétendu, la tendance générale au bien, mais le choix déterminé au meilleur avec certitude, sinon avec nécessité, et l'omnipotence de la science victorieuse de tout le reste.
Dans le Sophiste, où Socrate est simple spectateur, la confusion de la méchanceté et de l'ignorance n'est plus aussi complète. Tout en les rapprochant, l'éléate les distingue, quoiqu'il les rapporte évidemment à des causes analogues et involontaires. Cet étranger d'Élée représente Platon lui-même.
< Il }' a dans l'âme deux sortes de vices. L'un est pour l'âme ce qu'est pour le corps la maladie, l'autre ce qu'est la laideur. Maladie et désordre du corps («âoiv), n'est-ce pas la même chose pour toi? Le désordre est-il autre chose que la désunion (Siatpo'pav), provenue par suite de quelque altération (^tacpdapSt), entre des choses que la nature a faites alUées et de la même famille? — Nullement. — '■ El la laideur est-elle autre chose que le défaut d'harmonie (â|xtTptav) qui est désagréable partout où il se trouve? — Pas autre chose. ■ — Eh bien, dis-moi, ue
1. M. Lévèque, qui s'efforce de trouver la doctrine du libre arbitre dans Platon, cite seulement cette phrase dont il nous semble trop diminuer l'importance. Rapprochée de tout ce qui précède, elle n'exprime plus seulement la tendance ||4u6rale au bien, mais la certitude du choix du meilleur, ce qui
' est bien dilTérent {Uém. de l'Âc, t. 76, p, 6.)