‹ La philosophie de PlatonChapitre 33 sur 260 · Leg., III, ibid · texte numérisé non relu

Leg., III, ibid

il est tout à fait digne de pitié (2^Tvo( rtîvTwt), l'hommA injuste et en possession des maux; il convient donc d'avoir pitié de celui qui contracte un mal guérissable et d'adoucir son cœur. Mais contre l'horame invinciblement et obstinément méchant, il faut laisser se déchaîner la colère..: Â vrai dire, la cause de toutes les fautes pour tous les hommes est l'amour immodéré de soi-même : car celui qui aime s'aveugle sur l'objet de son amour, de manière à mal discerner le juste, le beau et le bon, croyant toujours qu'il faut respecter son propre bien (Ti|xaEv tô a&Toû) au lieu du bien véritable '. » C'est-à-dire que, si l'on savait de science certaine tout ce qu'il y a de mauvais et de pernicieux dans l'injustice, on ne serait pas injuste.

Voici maintenant le célèbre passage du I\° livre où, après avoir déclaré toute injustice involontaire, Platon se trouve en présence d'une distinction admise par tous les législateurs, qui reconnaissent des injustices involontaires et des injustices volontaires : on va voir la doctrine de Socrateaux prises avec la jurisprudence, se maintenant dans ses principes absolus, mais se palliant elle-même par ia distinction de la science et de l'opinion.

« Tous les méchants sans exception sont tels involontairement dans tout le mal qu'ils iout : 01 xaxol trxvti; eti; iccîvTx eistv àxovTEc xaxol. » Jamais Platon n'a été plus énergique. < Ce principe posé, voici la conséquence qui en ■résulte nécessairement. — Quelleconséquence ? — L'homme injuste est méchant, et le méchant est tel involontairement ; or l'involontaire et le volontaire répugnent; donc, après ■a\ oir posé que l'injustice est involontaire, il faut bien reconnaître qne celui qui viole la justice la viole involontairement; quoique quelques-uns, par esprit de dispute ou pour se distinguer, prétendent qu'à la vérité les hommes sont involontaircitient injustes, mais qu'ils violent volontairement la 'justicé^'àxôvTO; fùv àStxoii; ïTvai,âSixeïvSi'ixovTa( itoXXoû«).

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