II
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la sagesse. Il y a dans la nature des choses deux modèles : l'un divin et bienheureux, l'autre sans Dieu et misérable. Les hommes injustes ne s'en doutent pas, et l'excès de leur folie les empêche de sentir que leur conduite pleine d'injustice les rapproche du second et les éloigne du premier '. » Toute la morale de Platon est dans ce précepte déjà formulé par Pylhagore : 6[Aoioû<j9ai tw 6e^. L'œil fixé sur l'Idée suprême, l'homme de bien s'efforce de l'imiter. La vertu est une œuvre d'art, et la sagesse ressemble à Phidias : la matière qu'elle façonne, c'est l'âme humaine, et le modèle qu'elle imite, c'est Dieu. Pour lui ressembler, l'homme doit perfectionner sa nature ; de là cette définition de la vertu : 'H àptrri TeXet(iTKjî lurl t^ç ^xâirou yûcsuç '. Mais, nous l'avons vu, l'Idée du Bien est l'unité parfaite et réelle, enveloppant une variété idéale. Ces traits du divin modèle ne devront-ils pas se retrouver dans la grande œuvre d'art, dans l'âme vertueuse? Platon nous l'affirme en effet : l'âme doit être à la fois variée et une, en mouvement et réglée. Seulement, de ces deux choses, le mouvement et l'harmonie, c'est la seconde qui domine dans la morale platonicienne, au point d'absorber en elle la première ; car ce n'est pas, à proprement parler, l'activité qui produit librement le bien; c'est, au contraire, le bien qui produit l'activité par son attraction irrésistible, et qui développe harmonieusement toutes les puissances de l'âme, suivant leur degré d'importance*.
Aux trois parties de l'âme correspond une des faces de la vertu ; mais la vertu est une en elle-même *.
La fonction de la raison est la sagesse, ou la connaissance du bien et du rapport de chaque chose au bien. La