‹ La philosophie de PlatonChapitre 50 sur 260 · POLITIQUE DB PLATON · texte numérisé non relu

POLITIQUE DB PLATON

soient les membres et les organes. » Tout devrait être commun à tous, mt'me les yeux, les oreilles et les mains '. > L'État est tout pour Platon : ce qui ne lui est pas soumis, ce qui ne lui sert pas, est essentiellement maladif et doit être retranché par le fer et par le feu. Si quelque chose pouvait s'en séparer avec raison, ce serait le philosophe, mais seulement parce que l'Ëtat n'est point encore formé sur un modèle parfait. Dans la réalité, le philosophe est homme et en relation avec des hommes : il ne doit donc pas s'isoler d'un État bien constitué : la société ne sera heureuse que quand elle sera gouvernée par les philosophes *.

La politique, pour Platon, n'est qu'une morale agrandie, qui a sa base dans une sorte de psychologie de l'Ëtat. Aux trois parties de l'âme correspondent les trois castes principales de la République. Les magistrats sont la tête et la raison de l'Étal ; les guerriers en sont le cœu)' et la force; les artisans et les laboureurs veillent, comme l'appétit, à la satisfaction de ses besoins physiques.

Mais cette diversité des fonctions ne doit pas nuire à l'identité du but. Artisan, magistrat ou guerrier, tout citoyen se doit à l'État. Or il y a deux causes d'opposition entre l'État et l'individu : la propriété et la famille. La propriété, c"esl le tien, le mien, et par conséquent le particulier, l'individuel. Elle doit donc s'effacer devant l'unité idéale de l'État. La famille, c'est encore le particulier, source d'égoïsme et de division. Il faut donc supprimer, au moins chez les guerriers défenseurs de l'État, la propriété et la famille. Les femmes seront communes, non dans l'intérêt de la passion, mais dans un intérêt moral et patriotique. U en sera de même des enfants, dont l'État fera l'éducation. Par la gymnastique et la danse, on fortifiera leur corps ; par la musique, on adoucira et réglera

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