‹ La philosophie de PlatonChapitre 52 sur 260 · POLITIQUE DE PLATON · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE PLATON

n est une espèce de lois qui méritent plus particulièrement l'attention du philosophe : ce sont les lois pénales. Leur but est de sauver l'homme, non de le faire souffrir par cruauté ou par intérêt. L'utilité séparée de la justice ne peut fonder la loi pénale. Platon en conclut que le principe de la pénalité est identique au principe de l'expiation. L'État est donc chargé de faire respecter le bien et de punir le mal, ce qui met le gouvernement humain à la place de la Providence divine. La conclusion inévitable, c'est l'omnipotence de l'État et son intervention en toutes choses, même dans les choses de la vie privée.

Comme un tel gouvernement, pour être parfait, devrait être infaillible, et que Platon connaît la faiblesse de l'esprit humain, il sent la nécessité de modérer le pouvoir par une constitution à la fois démocratique et monarchique '. Cette théorie du gouvernement mixte est parfaitement d'accord avec les doctrines métaphysiques de Philèbe sur les trois genres de l'indéfini, du fini et du mixte. L'Idéal du gouvernement exposé dans la République serait l'unité absolue, achevée ou finie, et immuable. Les gouvernements vulgaires se perdent dans l'indéfini du despotisme ou de l'anarchie populaire, principe de mobilité et de troubles perpétuels. Enfin, le gouvernement modéré dont les Lois nous offrent le plan, appartient au genre intermédiaire, dans lequel l'unité et la multiplicité sont réconciliées pour produire l'ordre, la mesure et l'harmonie. Ces vues métaphysiques dominent la politique de Platon, comme elles dominent sa morale, son esthétique, sa philosophie tout entière.

1. Cette idée n'appartient pas à Polybe et à Cicéron, comme on l'a cru. Voy. les notes de notre édition classique du De Bepublicd de Cicéron. (Delagrave, in-lS.)

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