‹ La philosophie de PlatonChapitre 53 sur 260 · CHAPITRE PKExMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PKExMIER

HlËHARCUm DES IDÉES

I. Les Idées ronnetit<elles une liiérarcliie abouti»eant à l'unité. — 11. Principaux degrés de la. liiûrarchie phtonicienne. Clnssification tlea Idées. CatéjçiJries platoniciennes. — III, L'Unité, sommet de la hiérarctiie. Sou identité avec le Bien.

L Les Idées forment-elles une hiérarcliie dominée par une Idée su]irÔme qui embrasse toutes les autres *, ou subsistent-elles chacune en elle-même, comme autant d'iMros distincts '?

Le but de la dialectique est d'apercevoir en toutes choses l'unité. Cti sont les contradictions du moude sensible qui,

1. Tiedcmann, De deo Plat., 46 et suiv, ; Sletllbaum, Argumenls. — Voj". Cousin, pasaim; Haul Janet, Diat. de Platon; Jules Simon, Uist. de l'Ecole d'Alex. ; Vaclicrot, Hùt. de CÈc. d'Alex.

2. Tli.-ll. Martin, Études sur le Timée. Cf. Rémusat ; L'œuvre de PlafrjH (Rev. des Deux Mondes, janv. 1868). — Noua avons déjà étudié les rapports des Idéea entre elles (liv. V), et il est facile de [irévoir ta conclusion à laquelle nous devons aboutir. Nous n'aurons souvent qu'à résumer ici ce que nous avons déjà longuement e^iamiué.

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èveillniil noire t'IfintK'mi'-iil, nous fonl cmicevoir le monde inteOiKiItli'' Mills, !<*il y it iliins le second li) niùnio innlli[)licilé t|uc lion*; le [ireinier, eu qunï l'tin diffère- 1- il ife l'eulreî commeni l'intcUigilile peut-il eYjjlifjuer le sensible? Platon a poursuivi l'unité de toutes les forces de sa pensée; sa dialeclifjue, son esthétique, sa morale, sa politique , ne sont autre chose que la recherche de l'unité, et on ii;iurra croire que, par la plus inexplicable contradiction, Pliiton s'arrête à la multiplicité et se horne à tloubler le monde sensible, au lieu de ramener toutes choses à un même principe? N'a-t-on pas reproché mille fois à Platon son amour exagéré de l'unité, et non sans <}uelque apparence de raison? Ne l'a-t-on pas hien] souvent comparé aux Éléates? Que signifie ce reproche, si l'on prétend d'autre part que les idées sont des élres divers, principes multiples et insuffisants de la pluralité sensible? C'est fltre inconséquent soi-même et prêter à Platon sa propre inconséquence. On ne comprendra jamais que l'auteur du Partnénide ail abouti à une sorte de pidylhéisme métaphysique. Toutes les tendances de sa philosophie s'y opposent.

Nous pouvons invoquer mieux que des tendances : il y a dans Platon des doctrines formelles qui excluent toute interprétation de ce genre.

Le grand [irincipe de la dialectique platonicienne, c'est que la tcience est une, et comme la nature de la science j est identique à celle de son objet, il est certain à ses yeux ' que la vérité est une. Dans l'esprit de l'homme et dans la nature, tout se tient; il y a parenté et unité dans toutes choses : tîiî çûotuç ànâirriî truYfsvouç o3«iî '. En partant d'une seule Idée, on peut tout découvrir. Celle Idée, en effet, dans son état d'isolement, ne satisfait point l'esprit; individuelle et t>ornée, elle suppose autre chose xpii l'embrasse el l'explique. Aussi éveille-i-elle dans

1* M&nOj Sl| Cf

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